L'Ame du Japon. Spiritualités et arts martiaux

24/2/14


Source : Le Monde des Religions


Du Shinto au Budo, du Bushido au Zen

Le Japon n'a pas seulement su accueillir les richesses culturelles et spirituelles de l'Asie continentale, à commencer par le bouddhisme chan, lui-même influencé par le taoïsme. Le Japon fut capable de métamorphoser cet apport extérieur afin de le rendre compatible, en quelque sorte, avec son âme. Ainsi, le chan devint le zen. Car, l'âme japonaise repose sur des structures qui lui sont propres et qui dérivent de son fond shintoïste, son animisme originel. Le fil conducteur qui relie les notes de lecture que nous vous proposons est constitué par cette tension subtile entre la spiritualité japonaise et les art martiaux, entre la quête de la réalité la plus fondamentale et la voie du sabre, de l'arc et du bâton. Les deux chemins sont intiment liés, comme nous le verrons, et l'espace de cette relation n'est pas autre chose que la Nature vivante elle-même, les éléments, les arbres, les fleurs.

hana wa sakuragi, hito wa bushi

Entre toutes les fleurs, la fleur de cerisier ;

Entre tous les hommes, le guerrier.

 

 

 

L'essence du Zen. Entretiens sur le Dharma à l'intention des Occidentaux, Sekkei Harada Roshi, Budo Editions, 2013, 112 pages, 21x14 cm

L'auteur de ce livre, Sekkei Harada Roshi est né en 1926. Il est l'un des grands représentants du bouddhisme zen européen dans sa branche soto. A la différence de l'école rinzaï, qui met l'accent sur l'étude des koans, ces histoires paradoxales dont la visée est de déstabiliser la conscience rationnelle, l'école soto, elle, souligne l'importance de la pratique de zazen, littéralement « méditation assise ». Voici un passage du livre : « Dans le bouddhisme, nous disons que la vie et la mort sont l’apparition d’une pensée et la disparition de cette pensée. Apparaître et disparaître ; des pensées viennent et vont… Voilà ce que l’on appelle « la vie et la mort ». Une pensée apparaît, c’est ce que nous appelons « la vie ». Une pensée disparaît, c’est ce que nous appelons « la mort ». Cela signifie que nous naissons à chaque instant et que notre vie est sans cesse renouvelée. Malheureusement, entre la vie et la mort, entre deux pensées, nous interposons notre ego. De cette manière, nous percevons à la fois la vie et la mort. Le point de vue de notre ego intervient pour que nous soyons contents de la vie et que nous haïssions la mort. C’est cela qui nous bouleverse. Ce n’est rien d’autre que le point de vue de notre ego.

Quand l'ego qui perçoit la vie et la mort a complètement disparu, nous disons que c'est un état où la vie et la mort ne font plus qu'un. Cela veut dire que le temps de la vie est son état de dharma tel qu'il est, et que le temps de la mort est son état de dharma tel qu'il est. Quand le moi a complètement disparu, les liens de la vie et de la mort sont complètement rompus ; c'est ainsi que la grande libération est atteinte. C'est ce que l'on appelle libération, ''le lâcher prise naturel du corps et de l'esprit'' »... (p. 159).

 

Quatre parties composent cet ouvrage. Dans la première, « Etre tout intime avec son vrai soi », on peut lire les chapitres : Dans tout l'Univers, il n'y a que vous ; Nansen coupe le chat ; Le renard sauvage de Hyakujo ; La pratique quotidienne du Zen.

La seconde partie, « S'éveiller à son vrai soi » comprend les chapitres : Qu'est-ce qu'un sesshin ? ; L'esprit de tous les jours ; L'illumination de Shakyamuni. ; La vacuité ; La clef de Zazen ; S'éveiller à son vrai soi.

La troisième partie, « Fukan-zazengi et commentaires », qui est le premier écrit sur zazen au Japon (1227), comprend les chapitres :Le Fukan-zazengi ; Vous êtes déjà dans la Voie ; Abandonner son ego ; Comment s’asseoir en zazen.

Enfin, la dernière partie, « Principes de la pratique du Zen », on peut lire : Les fonctions du corps, de la parole et de la pensée

 

GORIN-NO-SHÔ. Écrits sur les cinq éléments, Miyamoto Musashi, Budo Editions, 2007, 112 pages, 21x14 cm

S'il fut un remarquable peintre et calligraphe, le Japonais Miyamoto Musashi (1584-1645) est d'abord connu comme un éminent bushi, un guerrier, pratiquant l'escrime, selon les règles dukenjustsu, qui est l'art par excellence des samouraïs de la voie du sabre. Parce que toute la culture japonaise est imprégnée d'une saveur cosmique, paysagère, naturaliste, Miyamoto Musashi a écritle célèbre GORIN-NO-SHÔ, le Livre des cinq anneaux ou Traité des cinq roues. Les Editions Budo nous propose une traduction de Josette Nickels-Groliers sous le titre Ecrits sur les cinq éléments. Il nous introduit dans son art martial, sa Voie de la stratégie, en explorant la Terre, l'Eau, le Feu, le Vent et le Vide. Ce texte rédigé alors qu'il a 60 ans est d'abord une méditation philosophique dans laquelle il tente d'extraire de sa pratique guerrière des valeurs, des principes universels, qui auraient une validité dans les autres domaines de la vie. On peut lire dans le Rouleau de la Terre, ces lignes significatives :

« Nombreuses sont les voies. La loi de Bouddha est la voie qui mène à l'éveil, la voie de Confucius s'attache à réformer les hommes par l'étude ; comme le poète enseigne l'art de la poésie, les hommes cherchent l'accomplissement dans les métiers et les arts les plus divers ; la divination, le tir à l'arc, la cérémonie du thé, pour n'en citer que quelques-uns. Les hommes suivent leur inclinaison dans la pratique de la voie vers laquelle va leur préférence. Peu d'hommes semblent enclins à suivre la Voie de la stratégie. Il est dit que la Voie de la stratégie est duelle, en ce qu'elle est la voie du pinceau et du sabre. Les guerriers doivent se familiariser avec chacune de ces deux voies. Même si le guerrier semble dépourvu des capacités naturelles nécessaires à son accomplissement, il doit s'attacher assidûment à l'étude de la Voie de la stratégie sans omettre de parfaire son éducation et cela en toutes circonstances. » (pp. 25-26)

 

Ninja et Yamabushi. Guerriers et sorciers au Japon féodal, Florent Loiacono, Budo Editions, 2013, 335 pages, 24x17 cm

Né en 1977, d'une mère vietnamienne et d'un père corse, Florent Loiacono ne s'est pas seulement investi dans la pratique des arts martiaux, devenant, par exemple vice-champion de France de kung-fu contact, champion de France de karaté semi-contact. Il s'est aussi engagé dans la compréhension de la culture japonaise, notamment de la spiritualité qui est le cadre sous-jacent à ces arts de combat. Ainsi, il pratiquera le shûgendô (méditations sous les cascades, marches sur le feu).

Avec cet ouvrage, dont il faut dire qu'il est richement illustré de reproductions de peintures anciennes et de photographies, nous entrons dans le Japon de la spiritualité fantastique. L'auteur écrit : « Si les arts martiaux constituent une part de l'héritage commun de l'humanité, leur histoire et leurs origines restent relativement méconnues. Remonter aux sources, mieux comprendre pour mieux pratiquer dans le respect de traditions culturelles ancestrales, parcourir sur le papier les chemins d'arts anciens pour mieux appréhender les voies que nous faisons nôtres aujourd'hui, découvrir qu'elles s'inscrivent dans un patrimoine évolutif même si au premier abord leur pratique peut paraître anachronique, tel est le propos de cet ouvrage. Le défi et l'espoir qu'incarne Ninja et Yamabushi, Guerriers et sorciers du Japon féodal vont plus loin : cet ouvrage entend livrer un portrait aussi fidèle que possible des espions du Japon ancien, dits ninja, et des moines yamabushi, «ceux qui couchent dans la montagne», à travers leurs légendes, leurs histoires, leurs techniques et leurs philosophies, en s'efforçant de remonter aux origines. » (p. 12). L'art des ninja et moines yamabushi est présenté également dans son contexte culturel et religieux, au croisement entre le bouddhisme, notamment zen, le chamanisme japonais que constitue le shintoïsme, le confucianisme et le taoïsme chinois, etc.

 

Budo. Les enseignements du fondateur de l'Aïkido, Moreiheio Ueshiba, Budo Editions, 2013, 144 pages,18,5 x 26,5 cm

Moreiheio Ueshiba, né en 1883 au Japon, est le fondateur de l'aïkido, art martial à la renommée internationale qui bénéficie à l'heure actuelle d'une très grande popularité. Après avoir étudié assidûment les grands styles classiques de l'art du combat japonais, il crée son propre art martial d'une originalité sans précédent, enrichi par les enseignements spirituels du culte shintô de l'Ômoto-kyô. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Morihei Ueshiba met en place, à Tokyo, la fondation Aikikai pour promouvoir la diffusion de l'aïkido dans le monde entier. Il se retire à Iwama, dans la campagne japonaise, pour cultiver les fruits de la nature et ceux de l'esprit dans la sérénité propice à la réflexion et à la création. Il meurt en 1969 après avoir consacré sa vie entière à son art et à la recherche intérieure. Voici ce qu'il écrit à propos du Budo, qui est la philosophie spirituelle de l'Aïkido et des autres arts martiaux :

« Le Budo est un chemin établi par les Dieux, qui conduit à la vérité, à la bonté et à la beauté; un chemin spirituel qui reflète l'absence de limite, la nature absolue de l'univers et les ultimes secrets de la création. Fort de la vertu que développe en lui une pratique assidue, l'homme peut percevoir les principes du ciel et de la terre. Les éléments techniques de son art, interaction subtile de l'eau et du feu, révèlent le chemin du ciel et de la terre, l'esprit de la Voie Impériale. L'application de ces techniques est l'affirmation éclatante du merveilleux fonctionnement du kotodama, le principe qui dirige et harmonise toutes les choses du monde, le principe qui résulte de l'unification du ciel, de la terre, du Dieu et de l'humanité ensemble. Cette vertu génère lumière et chaleur, c'est le sabre divin de l'harmonie spirituelle entre le ciel, la terre et l'humanité. Quand la situation le veut, armé de ce sabre divin et porté par les principes du ciel et de la terre, l'homme peut pourfendre sans faiblir le mensonge et le mal pour éclaircir le chemin vers un monde pur et beau. Ainsi éveillé, il est libre d'utiliser tous les éléments contenus dans le ciel et dans la terre tout au long du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver.

Modifiez votre perception de l'univers, de son apparence et de son mouvement; changez les techniques martiales en véhicule de pureté, de bonté et de beauté ; rendez-vous maître de l'ensemble. Quand le sabre de l'harmonisation qui unit le ciel, la terre et l'humanité, est pleinement révélé, l'homme est libre et, seul, forge et purifie ce qui est Lui. » (p. 33)

 

Budo Editions

13 Chemin de la plaine de Chateauveau

7712 3 Noisy sur Ecole

Tél. : 01 6424 7038

www.budo.fr

 

Budô. Le ki et le sens du combat, Kenji Tokitsu, Editions Désiris, 2007, 116 pages, 14 x 22 cm

Kenji Tokitsu est né en 194, au Japon. Installé en France depuis 1971, il est à la fois universitaire et pratiquant des arts martiaux. Il a même créé sa propre Académie, Tokitsu-Ryu. L'approche qu'il propose repose sur une synthèse personnelle d'éléments qui appartiennent à plusieurs anciennes écoles martiales. Il souligne également dans ses travaux l'importance qu'il y a à articuler l'efficacité de la pratique martiale et l'harmonie qui doit régner dans la personne qui combat. Dans cet ouvrage, l'auteur explore deux notions centrales de la philosophie martiale japonaise, le Budo, la voie, et le ki. « CONTRAIREMENT à une idée répandue dans le milieu des arts martiaux, le budô n'est pas une reprise directe de la pratique guerrière des arts martiaux. C'est une conception moderne qui vise une formation globale de l’homme, intellectuelle et physique, au travers des disciplines traditionnelles de combat. » (p. 13). « Selon la pensée japonaise le ki est une entité qui rend effective la vie et l’existence des choses dans l’univers. Il est donc plus que « l’énergie vitale », traduction habituelle du terme. Le ki existe dans ce qui nous apparaît dépourvu de vie organique, comme une pierre, et aussi dans les phénomènes naturels comme le vent ou la pluie. Le ki réside aussi dans la montagne, dans la mer etc. Ainsi, le ki prolonge la pensée animiste primitive. » (p. 41)

 

Miyamoto Musashi, maître de sabre japonais du XVIIe Siècle. L'homme et l’œuvre, mythe et réalité, Kenji Tokitsu, Editions Désiris, 2005, 408 pages, 19 x 27 cm

 Nous avons déjà parlé de ce grand samouraï du Japon du 17ème siècle, à propos de son traitéGORIN-NO-SHÔ. Dans cet ouvrage, Kenji Tokitsu nous offre d'ailleurs une autre traduction des remarquables écrits sur les cinq éléments. La vie du guerrier, devenu au fil des siècles le symbole de l'âme japonaise, est décrite avec force détails : son enfance, la fondation de son école des deux sabres, les guerres auxquelles il participa, ses duels, la période de sa maturité, ses œuvres. L'auteur aborde ensuite la pensée de Miyamoto Musashi concernant l'art martial. On sera attentif au fait que la technique n'est jamais séparée d'une éthique et d'une spiritualité. Écoutons ce que nous dit l'auteur de l'évolution de la Voie de la stratégie de la mort à la vie, à travers une spiritualisation de la pratique : « Placé dans une conjoncture de paix tout à fait particulière à partir de la période Edo, l'art du sabre japonais ouvre en soi un monde spirituel suffisamment important pour former l'équivalent d'une croyance ou d'une religion. La voie du sabre propose en elle-même un sens, une direction à l'existence, ce qui n'empêche pas le rattachement des adeptes à une religion. La voie du sabre trouve sa définition lorsqu'elle commence à offrir à l'adepte la possibilité d'équilibrer sa propre agressivité par une pratique. L'art du sabre va ainsi, peu à peu, intérioriser les deux notions contradictoire de l'agressivité (tuer ou être tuer) et de l'harmonie (s'ajuster à l'autre). Son champ va donc du sabre qui tue, ce qui est habituel, jusqu'au sabre qui fait vivre l'homme. Cette transformation de la qualité de son art est le premier témoignage de l'évolution d'un adepte qui se dédie à la voie du sabre. Il commence par acquérir la capacité de bien tuer avec son sabre (setsu nin ken), puis il arrive peu à peu avec l'âge à dépasser cette attitude en assimilant un art du sabre qui fait vivre (katsu nin ken) (...) Il est important de comprendre que cette spiritualité du sabre est apparu comme une conséquence de l'approfondissement technique comportant une intégration et non une juxtaposition de la pensée religieuse. En effet, pour les guerriers, le sabre est un objet quotidien qu'il porte tout le temps et l'art du sabre s’acquiert par une façon d'agir qui engage toute l'existence et qui, par là, équivaut à une religion. C'est ce trait particulier qui fait la spécificité du sabre japonais (...) Musashi voit dans la raison de la stratégie une ouverture qui inclut le sens de la vie humaine et une cosmogonie. En suivant la voie et se perfectionnant, l'homme peut s'approcher de l'état de Bouddha... » (pp. 296-297)

 

Shinto. Sagesse et pratique, Motohisa Yamakage, Editions Sully, 2012, 124 pages, 15 x 22,5cm

Né en 1925, élevé dans une vieille famille shintoïste, Motohisa Yamakage est initié aux mystères du shinto lorsqu'il atteint ses 18 ans. En 1965, il devient le 79ème grand maître du shinto Yamakage. Il fut un proche de Michel Random, spécialiste des arts martiaux et des spiritualités orientales. Dans cet ouvrage, il nous fait connaître le fond et la forme du shinto, la plus ancienne culture spirituelle du Japon. Sans que cela soit le seul aspect abordé, l'auteur souligne l'actualité de la sagesse shintoïste dans l’optique de la résolution du drame environnemental. En effet, cette spiritualité est en premier lieu une spiritualité de l'immanence divine. Le divin se révèle à travers les éléments, les règnes du minéral, du végétal, de l'animal et de l'humain, à travers les paysages, les phénomènes naturels. Tous sont porteurs d'un kami, d'un esprit divin. Motohisa Yamakage écrit ainsi : « Les zones boisées qui entourent les sanctuaires manifestent l'intérêt que le shinto porte à la bonne santé de la nature. Pendant plus de trois mille ans, les Japonais ont cru que les kamis, les puissances du monde spirituel, pouvaient entrer en contact avec les hommes par l'intermédiaire des arbres. C'est la raison pour laquelle on peut également trouver des arbres sacrés dans l'enceinte de certains sanctuaires. Ces arbres ont parfois plus de quatre mille ans. Le sens du sacré dans les arbres, et le désir de prendre soin de ceux-ci, est profondément ancré dans la spiritualité japonaise. Là résident le sens universel du shinto et une éthique pratique pour le monde actuel. Le shinto peut nous habituer à voir la connexion entre le bien-être du monde naturel et notre propre bien-être spirituel. » ('pp. 22-23) Un très beau livre sur l'essence du shinto et sur le shinto pour le nouveau millénaire !

 

Editions Sully

7, rue du bataillon FFI

BP 171

56005 VANNES cedex

www.editions-sully.com

 

 

Japon. Miscellanées, Chantal Deltenre et Maximilien Dauber, Editions Nevicata, 240 pages, 17x19cm

Genre littéraire, les miscellanées sont des œuvres composées de courts textes autonomes, de fragments, qui, ensemble, forment une unité. Ici, la romancière Chantal Deltenre, avec l'aide du réalisateur et écrivain Maximilien Dauber, nous propose une fascinante exploration du Japon à travers deux cents petits textes qui abordent une multitude de dimensions de la vie et de l'histoire de l'archipel nippon. Cela va des paroles à dire et à ne pas dire, des gestes à faire et à ne pas faire jusqu'aux formes traditionnelles du théâtre, notamment le Nô, en passant par le rapport des Japonais à l'alcool, à la nourriture, à l'argent. La dimension spirituelle et religieuse de cette société et de cette culture n'est nullement oubliée, et on lira avec plaisir les fragments « Shinto », « Temples et sanctuaires », « Zen et zazen », « Sept dieux du bonheur », « Bouddhisme », « Les quatre-vingt-huit temps du pèlerinage de Shkoku »... L'auteur écrit, à propos de « L'art du thé », que « c'est la quintessence de la culture japonaise. Sans être particulièrement complexe ou typique, il donne une dimension spirituelle à une pratique toute simple et quotidienne. C'est là un trait essentiel de la culture nipponne (…) La cérémonie du thé est guidée par les quatre valeurs suivantes : wa (harmonie), kei (respect), sei (pureté), jaku (tranquilité). » (p. 170)

 

Editions Nevicata

42, avenue du Général de Gaulle

1050 Bruxelles

info@editionsnevicata.be

www.editionsnevicata.be

 

Nichiren. Le moine bouddhiste visionnaire, Masaharu Anesaki, Editions Myoho, 2006, 144 pages, 14 x 21 cm

L'auteur est un homme qui connaît son affaire pour présenter la vie et l’œuvre de Nichiren. Masaharu Anesaki (1873-1949), en effet, fut un universitaire qui se consacra à l'étude de l’histoire des religions. Il voyagea en Inde et en Europe. Le livre que les éditions Myoho proposent, traduit par Marielle Saint-Prix, a été publié une première fois en 1916. Qui est Nichiren ? Il fut un réformateur, un prophète, un sage, un visionnaire... Nombreux sont les qualificatifs à avoir été utilisés pour parler de ce moine japonais du 13ème, qui fut en son temps persécuté par les autorités religieuses et politiques en raison de l'intransigeance dont il témoignait à l'égard de la vérité du bouddhisme, et de sa propre vocation. Voici un passage du livre qui éclaire les début de sa vie religieuse publique :

« Le jeune moine, n’étant plus chercheur de vérité mais réformateur plein d’un zèle ardent, fit ses adieux au centre du bouddhisme sur Hiéï et revint à Seicho-ji qu’il avait quitté quinze ans auparavant. Il rendit visite à ses parents, ses premiers convertis. Son veux maître et ses camarades moines l’accueillirent, mais dans leur esprit Nichiren, l’ancien Renchô, n’était qu’un jeune homme prometteur ayant vu le monde et étudié à Hiéï. Gardant le silence sur ses projets et ambitions, Nichiren se retira pour un temps dans une forêt près du lieu. Chacun supposa qu’il y pratiquait la méthode usuelle d’auto-purification qu’eux-mêmes, au monastère, utilisaient ; mais en fait, Nichiren s’employait à une toute autre tâche, s’occupant de son idée originale, que personne ne partageait ni ne devinait.

Ses sept jours de réclusion, comme le dit la tradition, furent une période de prières ferventes pour préparer le lancement de son plan de réforme et la proclamation de son nouvel enseignement. Quand sa longue méditation fut mûre pour l’action, une nuit, Nichiren quitta la forêt et gravit au sommet de la colline d’où s’offrait une vue dégagée sur la vaste étendue du Pacifique. Lorsque les premières lueurs du jour pointèrent à l’horizon, il se tint debout sans un geste le regard tourné à l’Est, et tandis que le disque doré du soleil perçait à travers la brume au-dessus de l’eau, d’une voix puissante, un cri retentissant sortit de ses lèvres : « Namu Myoho Renge Kyo », « Que l’adoration soit au Sûtra du Lotus de la Loi Merveilleuse ! » Nichiren proclamait haut et fort son enseignement, faisant de l’astre illuminant ciel et terre son témoin. Ceci se passa dans la matinée du vingt-huitième jour du quatrième mois lunaire (28 avril 1253) ». (pp. 33-34)

 

Editions Myoho

47, Boulevard de Ménilmontant

75011 Paris

Tél. : 01 40 09 25 62

www.editionsmyoho.fr

 

Autres ouvrages

Même s'il ne concernent pas directement le Japon ou le domaine spirituelle, ces deux ouvrages des Editions Amphora peuvent être utiles, non pas uniquement pour le pratiquant des arts martiaux, mais aussi pour celui qui souhaite comprendre ce que signifie le travail du corps dans le combat et le sport. Cela aidera à mieux saisir le caractère ascétique du mode de vie des guerriers japonais. En particulier, on constatera, ne serait-ce qu'en regardant la riche iconographie de ces deux ouvrages, l'importance du mental, de l'esprit dans la maîtrise des arts martiaux. Tout n'est pas qu'une histoire de technique ou de préparation physique. C'est la vie intime de la personne qui est également engagée...

 

Sports de combat – Préparation physique, Christophe Carrio, Editions Amphora, 2006,176 pages, 14 x 19 cm, 212 photos



Source : Le Monde des Religions

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