Le sabre des Takeda 16/9/13



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"Le sabre des Takeda" de Yasushi Inoue, est un roman historique, une épopée martiale dans le Japon féodal des samouraï.


Yamamoto Kansuke est un nain borgne, boiteux, au teint noir et marqué par la petite vérole. C’est ainsi que nous décrit Yasushi Inoue ce personnage historique qui a réellement existé dans le Japon féodal du 16ième siècle. Kansuke est pourtant devenu presqu’une légende, car il était le génial stratège du puissant clan Takeda, qui en 20 ans, grâce à lui, va conquérir toutes les provinces voisines de Kai, le siège du clan. La vie de Kansuke n’est qu’intrigue guerrières et stratagèmes, il compensera son physique ingrat par cette vivacité cérébrale qui créera sa réputation. Adepte de Sun Tsu, il manie à la perfection l’art de la guerre, mais pour ce qui est des amours et des errements du cœur, il n’y comprend absolument rien !

Fidèle serviteur de Takeda Harunobu Shingen, LE Shingen conquérant, le Daimyo le plus illustre de l’époque Sengoku (la guerre des provinces), Kansuke se voit déconfit par l’arrivée de la nouvelle concubine de son maître, Dame Yubu. Une jeune femme d’une beauté saisissante et qui ne manque pas de caractère. Dès lors, Dame Yubu sera sa seule raison d’être, amour mi-platonique mi-paternel pour cet homme que l’on dit être le plus laid de son époque. Il n’aura de cesse d’œuvrer non seulement pour essayer d’unir ce Japon en proie aux guerres endémiques, sous la coupe des Takeda, bien sûr, mais aussi de protéger cette fragile concubine que messire Shingen délaisse parfois. Mais les clans ennemis guettent, les uns plus puissants que les autres, et attendent le faux pas que l’invincible nain ne saurait éviter de commettre…

Le livre se dévore. Il nous plonge entièrement dans ce monde terrible et violent d’Honneur, de Courage, de Héros (avec majuscules) sans pareils et d’Intrigues monumentales. Impossible de ne pas être littéralement aspiré si on a ne serait-ce qu’un tantinet d’attraits pour les samouraïs. C’est une époque décrite de manière très romantique, qui, par maints côtés,  n’est pas sans rappeler les gestes chevaleresques européennes moyenâgeuses.

Pour comprendre l’importance de cette œuvre au Japon, il faut se pencher sur la vie de l’auteur. Yasushi Inoue est l’un des écrivains Japonais les plus prolifiques du 20ième siècle. Né en 1907 et mort en 1991, il a traversé ce siècle là de bout en bout et y a tout vécu. Médecin militaire, ceinture noire de Judo, élevé par la maitresse de son arrière grand-père, une geisha, il touche naturellement à tout. Poèmes, philosophie, littérature, il écrit tout aussi bien au sujet des corridas que de Confucius.

« Le sabre des Takeda » est publié en 1953, sous le titre « Furinkazan », les idéogrammes peints sur la bannière des Takeda. Le mot vient de Sun Tse, il désigne « une armée rapide comme le vent (Fu), silencieuse comme la forêt (Rin), dévorante comme le feu (Ka) et impassible comme la montagne (Zan) ». Le livre a inspiré bien des films. On citera notamment « Furin Kazan » (donc), de Hiroshi Inagaki, filmé en 1969, avec l’incontournable Toshirô Mifune dans le rôle de Kansuke (je n’ai malheureusement pas encore trouvé le film). Ou encore « Kagemusha » d’Akira Kurosawa, qui se déroule une dizaine d’années après la mort de Kansuke (celui-là, je l’ai dans ma collec’).

Lisez le livre, voyez les films, plongez-vous dans cet univers aussi dépaysant qu’un bon livre de Fantasy mais qui est pourtant bien une épopée historique.  Incontournable, il me semble.



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