Grades et passages de grade 13/11/13


 

Article de Olivier Besson provenant du site Aïkido Lyon Croix Rousse

 



Un petit mot sur les passages de grade , qui pour moi ont une triple utilité, et qui ne sont profitables que si et seulement si ils sont préparés dans ce contexte là :


    1 -    travail pour soi , avant tout :
                     Le passage doit être l'occasion de franchir un palier par une pratique plus intensive et plus assidue. Ce palier n'aurait pas pu être franchis par une pratique routinière.
Le fait de venir s'entraîner 1 à 2 fois par semaine est une pratique de loisir sur le long terme ; elle permet de progresser régulièrement mais faiblement, elle est donc indispensable mais insuffisante pour le passage de grades supérieurs. Ceux ci impliquent notamment de faire des stages (une dizaine mini. / an) de manière à se frotter à d'autres partenaires que ceux habituels du club, en plus de se faire connaître des jurys...!
La préparation au grade est donc un accélérateur de progression, et c'est là le principal intérêt de la chose.
En clair, si entre la décision de passer un grade et le passage de celui ci vous n'avez pas franchi un palier, même si vous avez réussi à l'examen, quelque part vous avez échoué... (à méditer !)
L'inverse est vrai : on peut échouer à l'examen et réussir SA préparation.
L'important est donc le travail sur soi  et la notion d'évolution.


    2 -   travail par rapport à autrui
                    Le passage de grade est l'occasion de s'étalonner par rapport à une échelle de valeur.
Tout le monde connaît des gens plus gradés et compétents que soi ; par le travail on progresse et permet d'atteindre le niveau de ces gens qui nous ont précédés.

Il arrive malheureusement que les passages de grade ne remplissent pas cet objectif, soit parce que des gens ont largement le niveau requis mais échouent ; ou l'inverse , réussissent malgré qu'ils ne soient pas au niveau.
Cette notion ,un peu injuste, de l'inadéquation entre la réussite au passage et le niveau, si elle est embétante car elle discrédite la valeur des dan doit être tenue pour secondaire.
C'est un peu comme les décorations : ce ne sont que des morceaux de ferraille données pour flatter l'égo, mais ce n'est rien a comparé d'un morceau de bravoure et des remerciements venant en retour !
On pourrait aussi prendre l'exemple de la voiture : vous pouvez être un super conducteur , champion de rally, et vous faire étendre au passage du permis...!

Il faut donc rester très distant avec cette notion de grade qui n'est pas toujours en rapport (malheureusement) avec la valeur tant technique que morale. 




    3 - de travailler avec un peu de stress
            La vie est faite de situations conflictuelles et d'agressions qu'il nous faut gérer. Tout le travail de l'Aïkido est de gérer des attaques conventionnelles de manière harmonieuse.
Sachant que la suite logique est de transférer dans la vie ce qu'on apprend sur le tatami (gérer l'agressivité , le respect, sens de l'effort, convivialité sociale (lors des arrosages !) , pratique physique, voir pourquoi pas applications martiales si obligé ..)
Lors d'un danger réel et immédiat , on se retrouve en situation de stress avec des tremblements voir une perte de moyens qui peut être fort préjudiciable.
La pratiques de club avec des partenaires connus et amis ne permet pas toujours de sentir cette notion de danger.
Le passage de grade permet la confrontation a un petit stress , certes, mais qui déjà est intéressante dans le cadre ne l’oublions pas d’une pratique martiale.
On pourrait noter que les démonstrations sont la deuxième forme de pratique (en dehors des grades donc) qui permet d'expérimenter ce stress ; la recherche du spectaculaire permet en outre de se " lâcher " un peu plus...



Voila à mon avis la manière dont il faut envisager les grades et leur passage.
Un petit mot sur la course au grade. Elle permet certes des progrès rapides avec une succession d'objectifs à court terme qui franchis successivement constitue, comme les marches d'un escalier, une avancée sur le chemin de la Voie. Pour certaines disciplines ce chemin au début est même très coloré... !
Mais il ne faut surtout pas perdre de vue qu'il ne s'agit que d'un outil et point d'une fin en soi. Le croire exposerait à une démotivation certaine une fois que tous les buts seraient atteints. Et après ? que rechercher ?
Il est autrement plus profitable de travailler sur Soi d'autres valeurs et qualités (sincérité, humanité, relâchement, énergie, contrôle du corps et de la respiration, maitrise de ses émotions ...) avec une marge de progression infinie dans l'espace d'une vie.
Pour finir,sans forcément rentrer dans cette course effrénée au grade, il est bon malgré tout de se confronter à leur préparation.
 

Un petit mot sur l'échec , même si parfois il est réellement injuste, sa gestion réussie est infiniment plus gratifiante.
En vertu du principe que " tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort" , il doit vous permettre une analyse de Soi même en vue d'une amélioration.
Deuxième avantage il offre l'occasion de franchir un autre nouveau pallier.
et enfin , j'ose le dire , il renforce l'humilité.



N’hésitez pas à « manger du tatami », par une pratique encore plus intensive que la pratique régulière. Il est rare en club qu’on travaille plus de 20 mn sans s’arrêter comme dans le cas d’un passage , il faut donc une préparation particulière tant physique que technique (connaissance des entrées)

les chinois  disent  "  dei jiou shi shi "  ,
quand on donne on reçoit  , et quand on reçoit on donne !





Le passage au grade d’hakama et encore plus de ceinture noire marque le passage au stade «d’ancien ».A ce niveau normalement les chutes claquées ne posent plus de problème et l’uke doit être très libre dans sa pratique en s’affranchissant de toute crainte et appréhension (dans un stage on doit pouvoir appuyer un peu plus les techniques sans risque).

Le niveau d’Ancien si elle apporte satisfaction voir prestige a également une contrepartie ; l’ancien a une responsabilité. L’ancien se doit d’être, sinon un modèle au moins un exemple dans sa pratique en travaillant avec entrain et sans rechigner ; il doit être moteur sur le plan du rythme de travail en cherchant à élever celui ci.
C’est lui aussi qui est en partie responsable de l’ambiance qui règne dans un dojo (travailler sérieusement sans se prendre au sérieux).
Il a enfin un rôle à jouer envers les moins anciens en étant le relais du professeur. Il veille à l’étiquette, au respect de l’attitude juste voir à la correction technique si son niveau le permet.

                                                                    Olivier BESSON

Article provenant du site Aïkido Lyon Croix Rousse

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