E N T R E T I E N
37 Aïkidojournal 23F/2007
Cela fait longtemps que vous êtes ici, dans ce

dojo ?
Pas tout à fait vingt ans.
Et vous avez toujours eu votre propre dojo ?
Non, quand je suis arrivé à Toulouse j’ai
travaillé pendant cinq ans avec deux amis dans
un autre dojo. Et ici, c’est mon propre dojo,
depuis 1988.
Quand avez vous commencé à pratiquer
l’aïkido ?
J’ai commencé en 1968, à Paris.
Et pourquoi Toulouse ?
Quand je suis rentré du Japon, je n’avais pas
envie de retourner à Paris et Toulouse, ça m’a
semblé bien.
Et avec qui avez-vous commencé, à Paris ?
Avec un groupe d’élèves de Nakazono, parmi
lesquels Christian Tissier et Paul Muller, puis
tout de suite après avec Nakazono Sensei luimême.
"...l’aïkido c’est une
manière de vivre
avec les autres.(...)
C’est un outil de
civilisation, c’est un
outil d’ordre social,
qui passe évidemment
par
le développement
personnel."
Combien de temps avez-vous passé au
Japon ?
De 1972 à 1980, pendant huit ans,
essentiellement au Hombu Dojo, avec
Kisshomaru Ueshiba et les tous les autres
senseis de l’Aïkikaï, mais surtout avec
Yamaguchi Sensei.
Est-ce que vous étiez le seul Français à cette
période ?
Pas du tout, quand je suis arrivé Christian
Tissier était déjà là depuis deux ans, et donc il
m’a pas mal piloté et aidé au début, et nous
nous sommes côtoyés pendant cinq ans, avant
qu’il ne rentre. Alain Guerrier aussi était là.
Et quand vous êtes rentré, en 1980, aviezvous
une raison spéciale de venir à Toulouse ?
Non, pas vraiment.
Pourquoi n’êtes vous pas retourné à Paris ?
Je n’aime pas Paris, ce n’est pas une ville où
j’ai envie de vivre.
Vous êtes allé au Japon pour l’aïkido…
Frank Noël
s’entretient avec Horst Schwickerath
Photos: Aïkidojournal ©
E N T R E T I E N
38 Aïkidojournal 23F/2007
J’y ai aussi étudié la musique, mais ma
motivation principale était l’aïkido.
Et après huit ans, vous avez trouvé que cela
suffisait ?
Oui et non. C’est à dire qu’au bout d’un
certain temps on a l’impression de commencer à
tourner en rond. On a du mal à sortir d’un
cercle, à sortir de ses habitudes, et le fait de
rentrer c’était un peu une façon de devenir
adulte, de marquer une rupture, de marquer un
temps d’arrêt dans l’apprentissage et donc de
voler de ses propres ailes : le passage à l’âge
adulte, d’une certaine façon.
Quel âge aviez-vous quand vous êtes rentré ?
Je suis parti à 22 ans, et j’en avais trente
quand je suis rentré.
Aviez-vous pratiqué d’autres arts martiaux
avant l’aïkido ?
J’avais fait un tout petit peu de judo,
pendant deux ans, quand j’étais adolescent.
Mais pas très sérieusement.
Quelle différence y avait-il pour vous entre
judo et aïkido ?
Je pense que cela n’a pas grand-chose à voir.
C’est même tout à fait autre chose, c’est une
autre histoire, c’est une autre aventure, c’est
une autre perspective. Même s’il y a des points
de rapprochement, bien sûr. Mais l’expérience,
le vécu d’un aïkidoka n’a rien à voir avec celui
d’un judoka. On ne cherche pas la même chose,
on ne développe pas le corps de la même façon,
on ne développe pas le rapport à l’autre de la
même façon. C’est très différent.
Dans quelle mesure l’aïkido est-il un art
martial ?
C’est totalement un art martial, le problème
c’est de savoir ce que l’on veut dire par « art
martial ». Si on considère qu’art martial cela
veut dire « technique de combat », l’aïkido n’est
pas une technique de combat. Mais si on
considère dans « art martial » surtout le côté
« art », c’est à dire quelque chose qui se
développe avec une perspective infinie, l’aïkido
est pleinement un art martial. « Art » parce
qu’on est en quête perpétuelle et « Martial »,
parce que ça parle du conflit, ça parle du
combat. Pour autant, ce n’est pas une technique
destinée à apprendre à se battre pour une application
immédiate en essayant d’être performant
aussi vite que possible. Ce n’est pas ça du tout.
C’est utiliser l’hypothèse du conflit pour une
recherche de développement personnel et social,
personnel et relationnel.
Et aujourd’hui vous êtes professionnel ?
Oui. Depuis 1980, cela fait vingt-sept ans
que je suis professionnel.
Frank Noël dans son dojo à Toulouse Frank Noel faisant cours dans son dojo de Toulouse -- atémi.
E N T R E T I E N
39 Aïkidojournal 23F/2007
O Sensei, ses élèves directs, s’entraînaient intensément pratiquement à
plein temps. Aujourd’hui un tel entraînement physique poussé est très
rare…
Qu’appelez-vous « entraînement physique» ?
Quand j’ai commencé l’Aïkido, c’était en Allemagne avec M e Asaï. Il était
alors souple et agile comme un chat, et fortement musclé. Et l’intensité de
l’entraînement qu’il nous donnait était en conséquence. Aujourd’hui, dans
les dojos, il est rare que l’entraînement soit aussi soutenu.
D’abord je pense que le mot « entraînement » ne convient pas du tout
à l’aïkido. En aïkido on ne s’entraîne pas, on pratique. Un entraînement,
c’est quelque chose qui est destiné à une application : on s’entraîne pour
faire autre chose. On s’entraîne pour une compétition, on s’entraîne pour
une échéance. L’aïkido, ce n’est pas ça. Le but de la pratique, c’est la
pratique. Le but de la pratique c’est d’être toujours mieux dans la pratique,
et d’utiliser la pratique pour améliorer ses qualités humaines, aussi
larges que possible. Donc, dans ce cadre-là, l’aspect physique fait bien sûr
partie de la pratique de l’aïkido, c’est un des trois aspects traditionnels de
la pratique. On a l’habitude de considérer la trilogie « shin-gi-taï» : le
mental, la technique et le physique, comme les trois aspects de la personne
qu’il s’agit de développer pour les mettre en synergie.
Donc évidemment le physique fait partie de la pratique de l’aïkido et le
développement physique est un des objectifs. A vrai dire, il faudrait parler
du développement et de la préservation du physique. Cela dit, le problème
qui existe actuellement, et c’est peut-être à quoi vous faites référence, c’est
que la population de l’aïkido a considérablement vieilli par rapport aux
premières années. Vous parliez d’Asaï Sensei : quand il est arrivé en Europe,
il avait 24 ans, je crois, et donc cela change considérablement les choses.
Car actuellement on a relativement peu de pratiquants qui sont de cet âgelà.
Et évidemment le développement physique va se faire sur d’autres
critères, d’autres priorités. Mais les jeunes qui démarrent l’aïkido, ceux que
je connais, ceux que je côtoie, même si il n’y a pas, dans la pratique de
l’aïkido, d’exercices qui soient spécifiquement physiques – c’est toujours
lié à la technique, c’est toujours lié à la relation avec l’autre – ces jeunes
développent un physique tout à fait … « félin », comme vous disiez, avec
ce qu’il faut de tonicité, de mobilité, de disponibilité, qui sont des qualités
physiques. Cela dit, il faut encore une fois voir [cela] par rapport au
contexte : si on a des pratiquants qui démarrent à 35-40 ans, on ne peut
évidemment pas leur demander des qualités physiques qui sont celles de
quelqu’un qui aurait démarré à 18 ans.
Et aujourd’hui il en va de même au Japon, n’est-ce pas ?
C’est à dire qu’au Japon il y a beaucoup de pratiquants étudiants, qui
sont jeunes. Le problème c’est que très peu continuent. C’est une espèce de
loisir passager pendant deux ou trois ans, dans le cadre des clubs
universitaires. Il y en a très peu qui véritablement s’engagent profondément
et sérieusement dans la pratique de l’aïkido. C’est donc un peu
difficile de savoir ce qu’il en est. Au Hombu Dojo la population est
relativement âgée. Enfin, ce ne sont pas des « personnes âgées », mais ce
ne sont pas des «jeunes ». En majorité ce ne sont pas des gens qui ont une
vingtaine d’années, ce sont des gens qui ont entre trente et quarante ans.
Êtes-vous retourné au Japon ?
Oui, j’y retourne régulièrement tous les ans.
Et entre 1972 et 1980, est-ce que c’était déjà comme ça ?
Oui, je pense que c’était un peu le même profil. Les jeunes pratiquants,
on les rencontrait surtout dans le milieu universitaire. Mais c’était d’une
qualité technique assez pauvre dans l’ensemble, à part quelques universités
qui bénéficient de l’enseignement de grands senseis. Il y en a quelques
unes, mais pas beaucoup. Mais dans la plupart des cas, les gens qui
prennent en charge des clubs universitaires n’ont que quatre ou cinq ans
de pratique, pas plus : ça ne peut pas donner une qualité d’enseignement
très intéressante.
E N T R E T I E N
40 Aïkidojournal 23F/2007
Je croyais qu’au Japon personne n’enseignait avant d’être au moins 6 e dan.
Pas dans un contexte universitaire. Quelquefois un véritable shihan va venir, mais de temps en
temps seulement, une fois par mois peut-être, pour superviser. Mais quotidiennement, ce sont des
gens très peu expérimentés qui dirigent la pratique. Bien sûr on ne peut pas généraliser : il y a des
cas d’espèces. Mais globalement c’est comme ça. Et c’est là que l’on trouve les jeunes pratiquants.
Dans les dojos privés, municipaux, il n’y a pas beaucoup de jeunes de 20-25 ans. C’est un peu comme
en France, la population a beaucoup vieilli.
Il n’est plus possible comme avant d’avoir de stages d’été qui durent 4 semaines, comme c’était
le cas dans les années soixante et soixante-dix à Annecy ou à Desenzano en Italie. Les gens travaillent,
ont une famille… Les stages ne durent plus qu’une semaine…
Vous-même, faites-vous des stages en été ?
Oui, je fais 4 semaines de stage.
Est-ce que les formes d’attaques sont un problème pour l’aïkido ?
Cela dépend de ce que l’on veut faire. Si l’on considère que l’aïkido est une technique de combat,
évidemment il faudrait travailler beaucoup les attaques. Si l’on considère que la priorité c’est un
développement global de la personne dans un cadre social, dans un cadre de confrontation avec les
autres, dans un cadre de rencontre avec les autres, alors il faut prendre les attaques comme elles sont.
C’est à dire que même si ce sont de mauvaises attaques, même si ce sont de fausses attaques, il faut
faire quelque chose avec car c’est la réalité de la pratique. Donc tout dépend du point de vue, tout
dépend de la priorité que l’on veut donner à sa pratique, de l’orientation principale que l’on veut lui
donner. Moi, je considère évidemment qu’il y a quelques règles, ou plutôt des réglages à faire pour
une certaine cohérence dans les attaques, en termes de distance, en termes d’ajustement, en termes
de précision. Certes. Néanmoins, je ne pense pas qu’il soit indispensable, pour développer une
pratique d’aïkido intéressante, de focaliser sur un travail spécifique d’attaques qui prendrait, disons,
la moitié du temps… Je ne pense pas que cela soit nécessaire. Je pense qu’il y a déjà tellement de
choses à faire, tellement de choses à développer, même avec de « mauvaises attaques », des attaques
qui sont ce qu’elles sont que… on peut bien sûr considérer que l’on peut faire encore plus, mais en
aïkido on peut toujours faire plus, toujours faire mieux : l’objectif est infini.
Donc, personnellement, je ne considère pas que cela soit un problème. Le problème concret de la
pratique, c’est plutôt comment gérer la répétition. Puisque 80 % de la pratique c’est la répétition de
ce que le prof a montré. Puis il y a environ 20 % de pratique plus libre. L’essentiel de la pratique c’est
l’imitation, la reproduction, la répétition de ce que le prof a montré. Cela veut dire que les deux
partenaires savent ce qui va se passer. Et la difficulté essentielle c’est de ne pas anticiper, c’est-à-dire
de ne pas jouer la situation avant qu’elle ne soit arrivée. Ça, c’est le vrai problème de l’aïkido :
comment ne pas anticiper, comment ne pas être dans le rôle que l’on sait faire, mais être toujours
comme si l’on était naïf, comme si on découvrait à chaque fois la situation. Ça c’est un problème tout
à fait concret de gestion de la pratique, et de gestion de l’enseignement aussi, bien sûr. Donc au niveau
du prof, comment faire pour que les élèves ne tombent pas dans ce piège, et au niveau des
pratiquants, comment faire pour soi-même ne pas tomber dans ce piège. C’est une question
d’attention et de rigueur pour le pratiquant,
une question de mise en situation, de mise en
scène pour le prof, qui peut favoriser ou non une
certaine authenticité de la pratique. Cela me
semble plus une difficulté concrète que le
problème des attaques. Comment faire pour que
cette répétition ne soit pas simplement identique
à elle même, mais qu’à chaque fois à
l’intérieur de cette répétition, il y ait une vraie
situation de découverte et de travail.
Saito Sensei disait que ce qui se pratiquait
l’Aïkikaï, ce n’était pas l’aïkido authentique.
L’Aïkikaï pourrait dire ça aussi. Tout le
monde peut dire ça. Tout le monde peut se poser
en dépositaire unique de l’aïkido authentique.
Je ne crois pas que cela fasse avancer beaucoup
les choses. On peut dire ça mais je crois que
l’aïkido n’appartient à personne et même, à la
limite, pas même à O Sensei. L’aïkido n’est pas
un système fini, ce n’est pas un système clos et
définitif qu’il s’agit d’apprendre et ensuite de
reproduire identique à lui-même. Ce n’est pas
comme ça que je le comprends, ce n’est pas
comme ça que j’ai l’impression qu’il se
transmet, ce n’est pas comme ça que j’ai
l’impression qu’il est vécu par les principaux
acteurs. L’aïkido c’est une perspective, c’est une
idée de ce que peuvent être les relations
humaines, de ce que devraient être, peut-être,
les relations humaines. C’est cette idée-là
illustrée de quelques principes, quelques
éléments de méthode, pour essayer d’aller dans
cette direction. C’est ça l’aïkido. Avec ça qu’estce
qu’on fait ? On essaie de comprendre ces
principes, on essaie de comprendre cette
méthode et on essaie de la mettre en oeuvre pour
découvrir des choses, pour découvrir ce qu’on
est soi-même, pour découvrir comment on va
s’articuler à la vie des autres, comment on va
gérer ses pulsions, comment on va essayer de
domestiquer les agressivités. Mais à mon sens il
ne faut absolument pas considérer l’aïkido
comme un système fini. C’est un système, dans
E N T R E T I E N
41 Aïkidojournal 23F/2007
la mesure où il y a des éléments qui contribuent
à aller dans une même direction ; mais l’utilisation
de ces éléments est extrêmement libre, à
mon sens. Et c’est justement en jouant sur cette
liberté d’utilisation que l’on va cheminer, donc
être dans la logique du « do» de l’aïkido.
«Do », c’est un cheminement, c’est une découverte,
c’est un voyage. Ce n’est pas vraiment un
apprentissage. Donc je pense que tous les gens
qui, de près ou de loin, sont les héritiers de O
Sensei, même si formellement ils font des choses
assez différentes de ce que faisait O Sensei, sont
quand même dans la logique de l’aïkido. Je crois
que c’est une erreur, une vision très étroite, que
de vouloir réduire l’aïkido à simplement un
ensemble de techniques que O Sensei aurait
pratiquées, par opposition à tout le reste.
L’aïkido, c’est une manière de chercher, c’est
une manière d’expérimenter, c’est une manière
de découvrir, donc c’est ouvert : ce n’est pas un
système fermé.
Vous parlez beaucoup de l’aspect social de
l’aïkido.
Bien sûr, l’aïkido c’est une manière de vivre
avec les autres. C’est comment se positionner
par rapport à l’autre, en face de l’autre.
Comment réagir à ses actions, comment se
comporter en face de lui, qu’il soit amical ou
inamical. C’est un outil de civilisation, c’est un
outil d’ordre social, qui passe évidemment par
le développement personnel. Mais l’objectif, à
mon sens, c’est plus l’ordre social que le
développement personnel. Le développement
personnel est au service de l’ordre social. Il
s’agit de construire une civilisation, une société
plus harmonieuse. L’aïkido est une entreprise de
civilisation, n’ayons pas peur du mot.
Mais dans le monde de l’aïkido on ne trouve
pas beaucoup d’harmonie…
Ce qui compte dans la perspective du «Do»,
ce n’est pas tellement l’harmonie, c’est la recherche de l’harmonie. Et pour rechercher l’harmonie, il
faut qu’elle n’existe pas, justement… On est donc dans une situation de travail intéressante. Eh oui,
de même que l’on a besoin d’une simulation d’attaque pour travailler sur le tapis, de même, sur le
plan abstrait ou politique, on a besoin d’absence d’harmonie pour la rechercher. Donc tout va bien.
Il y a quelques années, j’ai fait une série d’interviews en Autriche et j’ai parlé avec quelqu’un du
Ministère des Sports qui m’a dit : « Franchement, si les aïkidokas commençaient à vivre en harmonie,
je commencerais à me poser des questions… » C’est comme ça dans tous les pays. Croyez-vous en la
possibilité d’une fédération unique en France ?
Actuellement, je n’y crois pas du tout, parce que la situation politique de l’aïkido est
complètement bloquée. Je pense que si on veut faire une fédération, probablement, la première chose
à faire, c’est de changer les dirigeants. Je crois que les dirigeants des deux principales fédérations ont
une grande responsabilité dans le conflit actuel. Je crois que les problèmes de personnes sont très
importants. A court terme je ne crois pas du tout que l’on va réussir à faire une fédération unique. Il
faut changer complètement de mode d’organisation, et sans doute changer les personnes. Là, peutêtre…
mais pour le moment, ce n’est pas possible.
Il y a quelques ligues qui ont trouvé…
Oui, théoriquement c’est possible et sur le terrain quelque fois ça marche. Mais il se trouve que
les dirigeants nationaux de la FFAB comme de la FFAAA sont actuellement dans des positions
idéologiques trop antinomiques, trop opposées, et qu’ils n’essaient pas du tout de s’approcher les uns
des autres, ni les uns, ni les autres. Ils essaient d’avoir raison, ils essaient de casser les positions de
l’autre, mais ils n’essaient absolument pas de se rapprocher ni de trouver une solution qui serait
acceptable pour les deux points de vue.
Où exactement le problème se situe-t-il ?
Ça serait trop long, trop compliqué à expliquer : c’est déjà une longue histoire, on ne peut pas
résumer ça en cinq minutes. Disons qu’il y a de vrais problèmes, et de faux problèmes. Les vrais
problèmes, c’est que culturellement, techniquement, pédagogiquement, les deux fédérations sont
sensiblement différentes. Il y a vraiment des pratiques qui se différencient. Ce n’est pas monolithique,
bien sûr. Tout le monde ne fait pas la même chose, ni à la FFAAA ni à la FFAB. C’est loin d’être
monolithique mais globalement, quand même, aussi bien sur le plan culturel, organisationnel, que sur
le plan pédagogique-technique, les deux fédérations fonctionnent de façon assez différente. Donc c’est
un vrai problème de savoir comment on pourrait faire pour les faire vivre ensemble. Parce que cela
ne va pas de soi. Il faudrait faire de vrais efforts de communication. Néanmoins je pense que c’est
possible si on essaie de le faire honnêtement et avec de la bonne volonté, de l’ouverture et de la
curiosité l’un pour l’autre. Mais, après ça, il y a les faux problèmes. Plutôt que « faux problèmes »,
il faudrait dire « les problèmes qui sont fabriqués », qui sont fabriqués par les attitudes politiques
trop rigides. C’est à dire que si l’une comme l’autre fédération essaie absolument d’amener le
partenaire sur ses positions sans rien vouloir changer, évidemment cela ne peut pas fonctionner. Et,
devis-travaux-maison-pro.fr