Le doigt de Gutei : Koan du Mu Mon Kan 14/2/14


SOURCE / jacques.prestreau
Traduction personnelle du chinois d'un recueil majeur du bouddhisme zen




" Gutei avait une manie. Lorsque son maître Tenryu posait une question à ses élèves, il levait son doigt.

Un jour, un autre élève décida de l'imiter. A son tour celui-ci se mit à lever son doigt à chaque fois qu'on lui posait une question.

Gutei remarqua le manège. Un jour il surprit l'imitateur et lui coupa le doigt ! Celui-ci hurla de douleur et s'enfuit en courant. Gutei le rattrapa pour le calmer.

Lorsque Gutei retourna son camarade vers lui, il leva son propre doigt... et soudain son camarade réalisa l'éveil. "

                   Little Fox © Foxfeather R. Zenkova

 

Vous trouverez ci-dessous l'intégralité des kôans du Mu Mon Kan.

Mu Mon Kan est le titre japonisé d'un recueil chinois, le "Wu Men Kuan" ("La Barrière Sans Porte") du XIIIe siècle, rassemblant de très vieux kôans très courts qu'utilisait Ekai lors de son enseignement.

Ekai, que certains surnommaient Wu Men, n'a pas écrit lui-même le recueil. Ce sont ses élèves qui ont compilé les histoires afin que celles-ci ne se perdent pas avec le temps.

Très souvent, dans tous les domaines de la vie, lorsque vous vous posez une question, la réponse à votre question se trouve dans votre question ! Cela est particulièrement vrai pour les kôans du zen et du ch'an. La réponse se trouve toujours dans le texte lui-même tel que le prononce le maître. Loin d'être un défi ou une remontrance de sa part, la réponse du maître doit être reçue comme un don, car elle contient la réponse à votre inquiétude. Le paradoxe du kôan n'est généralement qu'apparent. Nous sommes tellement conditionnés par notre culture et nos habitudes quotidiennes que les réponses aux problèmes de la vie, bien qu'évidents, ne nous apparaissent pas facilement au grand jour parce que nous ne faisons pas l'effort d'abandonner notre mode de pensée rationnel et discursif pour laisser "venir" l'évidence. La seule chose que recherche le maître, c'est nous éveiller, nous secouer, parfois brutalement, pour nous sortir de notre profond sommeil, de notre véritable léthargie. La plupart d'entre nous meurent sans avoir jamais approché du réveil ! Et c'est aussi vrai chez ceux qui s'adonnent à la "spiritualité", établissant ainsi une distinction profonde entre le monde dit "matériel" et le monde dit "spirituel"... Comme s'il existait deux mondes !

La philosophie et l'analyse sont utiles pour comprendre le monde et permettre à la raison de mieux orienter notre vie...

... mais l'Eveil ne se réalise pas par l'analyse !

Posez votre sac de réflexions et de pensées discursives. Faites taire votre mental et observez en spectateur les images et les émotions provoquées par les réponses inattendues du Maître. Mieux : Vivez-les ! Lorsque vous dormez vous n'analysez pas votre rêve ! Et lorsque vous vous réveillez vous oubliez presque aussitôt votre rêve... et pourtant votre rêve fut un bien précieux ! Par ailleurs il est bon que vous l'oubliiez, car il appartient au passé...

Asseyez-vous confortablement sur un zafu, sur une chaise ou dans un fauteuil. Ne vous précipitez pas ! Vous avez la vie devant vous. Lisez une seule histoire à la fois. Fermez les yeux... et laissez-la mûrir en vous sans intervenir sur le cours de votre pensée. N'analysez plus ! Observez... Vivez ! Vous n'êtes pas un spectateur devant un écran, mais l'acteur principal de l'histoire, car ce qui se joue dans votre mental à travers l'histoire, c'est votre propre vie !

Voici les 48 kôans du Wu Men Kuan.

48... plus 1 !

suite des Koans sur le site de l'auteur :


SOURCE / jacques.prestreau

 

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