Le Japonisme

22/11/11

Article provenant du site Japan Swap

 

A la fin du 19ème siècle, le Japon s'ouvre à l'occident, et marque de manière profonde les artistes français, puis occidentaux. L'influence de l'art japonais sur ces artistes s'appelle le Japonisme.
Pendant que les intellectuels américains considérent les estampes japonaises comme une forme vulgaire d'art, l'ukiyo-e devient une nouvelle source d'inspiration pour les peintres impressionnistes européens et pour les artistes cubistes.

monet (1)

Les principaux artistes japonais qui influencèrent les artistes européens étaient Hokusai, Hiroshige et Utamaro. Des artistes très peu reconnus au Japon car produisant un art considéré comme léger et populaire par les élites japonaises de l'époque. Le japonisme a donc sauvé des oeuvres qui allaient disparaître et permis de développer une voie nouvelle de l'art japonais.

Van_Gogh___la_courtisane (2)

Parmi les artistes européens adeptes du japonisme on trouve : Van Gogh, Manet, Degas, Renoir, Pissaro, Klimt, Monet, Giuseppe De Nittis ou Mary Cassatt qui firent collection d'estampes japonaises. Le mouvement ne toucha pas seulement la peinture mais aussi les objets d'arts avec les grès émaillés de Carriès et les productions de la maison Christofle en métal patiné.

manet (3)

Emile Zola parle du japonisme :
" Voilà donc ce qu'apportent les peintres impressionnistes : une recherche plus exacte des causes et des effets de la lumière, influant aussi bien sur le dessin que sur la couleur. On les a accusés avec raison de s'être inspirés des gravures japonaises, si intéressantes, qui sont aujourd'hui entre toutes les mains. Il faudrait ici étudier ces gravures et montrer ce que cet art si clair et si fin de l'Extrême-Orient nous a appris de choses, à nous, Occidentaux, dont l'antique civilisation artistique se pique de tout savoir. Il est certain que notre peinture noire, notre peinture d'école au bitume, est restée surprise et s'est remise à l'étude devant ces horizons limpides, ces belles taches vibrantes des aquarellistes japonais. Il y avait là une simplicité de moyens et une intensité d'effet qui ont frappé nos jeunes artistes et les ont poussés dans cette voie de peinture trempée d'air et de lumière, où s'engagent aujourd'hui tous les nouveaux venus de talent. Et je ne parle pas de l'art exquis des Japonais dans le détail, de leur dessin si vrai et si fin, de toute cette fantaisie naturaliste, qui procède de l'observation directe jusque dans ses écarts les plus étranges. J'ajouterai pourtant que, si l'influence du japonisme a été excellente pour nous tirer de la tradition du bitume et nous faire voir les gaietés blondes de la nature, une imitation voulue d'un art qui n'est ni de notre race ni de notre milieu, finirait par n'être plus qu'une mode insupportable. Le japonisme a du bon, mais il ne faut pas en mettre partout ; autrement, l'art tournerait au bibelot. Notre puissance n'est pas là. Nous ne pouvons accepter comme le dernier mot de notre création, cette simplification par trop naïve, cette curiosité des teintes plates, ce raffinement du trait et de la tache colorée. Tout cela ne fait pas de la vie, et nous devons faire de la vie. "

vincent_van_gogh_01 Van_Gogh___Portrait_of_Pere_Tanguy_1887_8 (4)


manet_bateau (5)

(1) : Claude Monet, qui détenait une collection de plus de 250 estampes, a peint sa femme à la manière des beautés d'Utamaro.
(2) : Van Vogh, La Courtisane, 1887 - Van Gogh, avec plus de 400 estampes en sa possession, était sûrement le plus fervent des japonistes. Il écrit en 1186 à son frère : " Tout mon travail se construit pour ainsi dire sur les Japonais [...] L’art japonais est en décadence dans sa patrie, mais il jette de nouvelles racines chez les impressionnistes français "
(3) : Edouard Manet, Portrait d'Emile Zola, 1868 - Dans ce portrait Manet signale la présence du Japon dans les milieux artistiques et littéraires en plaçant un éventail de style japonais et une estampe près de son sujet.
(4) : Van Gogh, Portraits de Père Tanguy, 1886 et 1887 - Vous reconnaitrez en toile de fond des copies d'estampes japonaises, que l'artiste mèle à des paysages... Pour l'anecdote : le père Tanguy était un marchand de couleur, le premier à exposer des artistes comme Sisley, Renoir ou Pissarro. Comme sa vitrine était minuscule, il ne pouvait exposer d'une toile à la fois. C'est ainsi que chaque artiste était exposé un jour de la semaine...
(5) Edouard Manet, En bateau, 1874 - Cette toile montre les apports directs, en matière de composition, des estampes japonaises, sur l'oeuvre de Manet. Ici, les personnages qui sortent du cadre, rendant la scène plus naturelle (on n'a plus l'impression que les sujets posent au centre du tableau) et l'absence d'horizon, créant une toile sans profondeur, plate.

Sources :
wikipédia
http://www.cahiers-naturalistes.com/pages/japonisme.html
http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lang3022/lang3022_japonisme.htm



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