<![CDATA[ ucjaikido.wifeo.com ]]> http://ucjaikido.wifeo.com fr copyright 2019 ucjaikido.wifeo.com <![CDATA[ ucjaikido.wifeo.com ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/images/imagesken.jpg http://ucjaikido.wifeo.com Mon, 22 Apr 2019 00:50:49 +0100 <![CDATA[ Le shintoïsme ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-127772-le-shintoisme.html


Source : vivre le japon.com

Une myriade de divinités

Le shinto "la voie du divin", religion originelle vénérant les forces de la nature, est une croyance animiste et chamaniste qui se fonde sur le respect des divinités, les kami.

Nature sacrée

Le shintoïsme recense "huit cents myriades", autrement dit un nombre infini de kami. Ces déités, célestes ou terrestres, sont omniprésentes au Japon. Littéralement, kami signifie "ce qui est au-dessus des hommes" ou "supérieur à la condition humaine". Ce terme est souvent traduit par "divinité" ou "esprit", mais ses origines se perdent dans la nuit des temps. Gardiennes tutélaires d’un lieu, elles séjournent sur une montagne, protègent une forêt, se logent sous une cascade, se nichent sous quelque roche. Des ancêtres ou des héros valeureux des temps passés peuvent, après leur mort, être considérés comme kami, mais ce culte archaïque déifie en premier lieu les éléments de la nature

À lire : Temples bouddhistes, sancutaires shinto : les différences

Empereurs, êtres divins

Selon les récits mythiques, la déesse Izanami et le dieu Izanagi seraient le couple céleste qui donna naissance à l’archipel. Amaterasu, déesse du soleil, serait l’ancêtre de l’empereur lui-même. Le Kojiki "Notes sur les faits anciens", chronique mythologique des origines du pays, est une des pierres angulaires du shintoïsme au Japon. Ce texte antique, rédigé en 712, évoque, la religion et l’histoire du pays, tout en contant l’ascendance divine de l’empereur. Au-delà du mythe, le shintoïsme tend à rendre harmonieux les relations des êtres humains avec la nature et les kami.

Lire aussi : L'empereur du Japon

Religion d'État

Entre 1868 et 1945, pour stimuler une fibre nationaliste et militariste, les autorités impériales  ont élevé le shintoïsme au rang de religion d’État. Cette approche s’écarte de l’ancien culte des kami et a peu de choses en commun avec les croyances populaires. Dans un esprit idéologique, le rêve de la pureté exalte un sombre retour aux origines de la race. La volonté politique est alors de rejeter le bouddhisme, spiritualité venue de l’étranger.

Rites et croyances

Le prêtre shintô, reconnaissable à sa coiffe noire et à sa longue robe blanche, a pour sacerdoce d’être une personne qui "connaît les rites qui donnent prise sur les forces surnaturelles". Le shintoïsme n’a cependant pas de fondateur, ni dogme, ni code moral. Cette croyance ne trace pas de frontière nette entre le sacré et le profane. Peu codifiée et peu théorisée, elle n’explique pas le monde. Les Japonais honorent les kami plus qu’ils ne les adorent. Dans un sanctuaire shintô, les fidèles se lavent les mains et se rincent la bouche à l’aide de longues louches de bois avant de frapper leur paume, de joindre leur main à hauteur de visage, de s’incliner et de se recueillir. L’eau qui coule demeure un élément primordial. Indispensables avant de plonger dans le bain ou dans les sources thermales, les ablutions lustrales, expression ancestrale de la purification corporelle dictée par les rites, rappellent l’importance de ne jamais être souillé.

Découvrez aussi Prier à la japonaise

Religion quotidienne

Par un ensemble de pratiques et de rites, le shintoïsme imprègne de nombreux aspects de la vie quotidienne. A la ville comme à la campagne, pour se concilier un kami "possesseur du sol" et s’assurer de ses faveurs, un autel lui est érigé : il n’est pas rare de voir dans une grande entreprise nipponne un petit édifice dédié à un kami. Sur le fronton d’un bâtiment, une corde sacrée, le shimenawa, qui matérialise la pureté du lieu selon le culte shintô, protège l’espace intérieur. Lors d’une cérémonie traditionnelle de mariage shintô, les époux boivent solennellement du saké, céleste breuvage, dans trois coupes de laque rouge échangées trois fois : cet acte scelle leur union. Le vin de riz est aussi déposé dans les sanctuaires shintoïstes, caractérisés par leur portique sacré, torii , pour être offert aux kami

Pour approfondir votre lecture : 

Les superstitions Japonaises

Source : vivre le japon.com

 

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Sun, 09 Dec 2018 18:43:01 +0100
<![CDATA[ Le camp de l’enfer, cette étrange façon de motiver les salariés japonais ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-134672-le-camp-de-enfer-cette-etrange-.html

SOURCE : NIPPON CONNECTION


L’économie japonaise était à son apogée dans les années 1980. A cette époque les États-Unis ne pouvaient que constater avec effroi et indignation que le Japon s’était procuré des biens immobiliers de premier ordre, tels que les studios hollywoodiens ou encore le Rockefeller Center à New York.

Le Japon possédait tout, sauf semble-t-il, une tolérance à l’égard de certains cadres moyens, considérés comme un obstacle au miracle économique japonais.

 

Mais une solution fut vite trouvée. L’obtention d’un ticket d’entrée pour « Jigoku no kunren », le camp de l’enfer pour les managers perçus comme étant trop doux, indolents ou autrement incompétents.

Bien loin des exercices de renforcement de confiance en soi dispensés, de nos jours, par certaines entreprises, les camps de l’enfer pour cadres japonais étaient organisés avec la discipline et l’intensité d’une formation militaire.

L’objectif était de remettre en forme les employés les moins performants, tout en donnant l’assurance nécessaire à ceux estimant ne pas pouvoir être au niveau de leurs concurrents occidentaux.

À Kanrisha Yosei Gakkou, le camp de l’enfer le plus connu durant les années 80, les règles du stage d’une durée de 13 jours étaient strictes. Les journées commençaient à 4h15 et se prolongeaient tard dans la soirée. Radios et visiteurs étaient interdits, les candidats devaient se concentrer entièrement sur la mission à accomplir. Interrogées par les instructeurs, les réponses des élèves devaient être rapides et surtout bruyantes.

La caractéristique la plus marquante de ces camps ? Les rubans de la honte épinglés sur chaque candidat !

Les rubans, 14 au total, correspondaient à une tâche ou à une lacune particulière qui devait être surmontée, afin de pouvoir valider le stage.
Confiance, fierté de l’entreprise, capacité à rédiger des rapports, optimisation des appels téléphoniques, team building et prise de parole en public ne sont que quelques-uns des domaines dans lesquels les cadres devaient faire leurs preuves.

Afin de valider leur stage, les participants devaient également chanter à tue-tête devant la gâre de Fujinomiya et ses nombreux usagers, dans le but de surmonter leur manque de confiance en eux.

Abandonner le camp signifiait le plus souvent la fin de sa carrière au sein de l’entreprise. Au cours de ses neuf premières années d’existence, plus de 150 000 candidats ont obtenu leur diplôme et le camp compte aujourd’hui plus de 300 000 diplômés dans tout le pays.

La nature inhabituelle des camps de l’enfer a inévitablement attiré l’attention des occidentaux. Le film de Ron Howard, « Gung Ho, du saké dans le moteur », qui raconte l’histoire d’une entreprise automobile japonaise achetant une usine américaine, présentait au grand public des éléments d’entraînement d’un camp de l’enfer ainsi que le concept des rubans de la honte.

Tandis que les États-Unis observaient la montée en puissance inexorable de l’économie japonaise, les camps de l’enfer n’ont fait qu’exacerber leur curiosité.

Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que le concept du camp de l’enfer fut exporté aux États-Unis à la fin des années 80.
Dans un établissement de Malibu, le programme d’entraînement était à peu près le même que son homologue japonais, avec tout de même quelques ajustements pour correspondre à la sensibilité des employés américains.

Les journées commençaient à 5 heures du matin et les rubans de la honte avaient été renommés « rubans des défis ». Les candidats devaient également effectuer des missions ardues telles que des randonnées nocturnes de 40 km ou encore la redoutable chanson, cette fois-ci dans un parking d’un centre commercial.

Étonnement, Kanrisha Yosei Gakkou opère toujours au pied du mont Fuji et propose depuis 1979 une gamme de programmes destinés aux cadres moyens, aux nouveaux employés et jeunes diplômés universitaires. L’éclatement de la bulle économique et le climat des affaires moderne ont toutefois largement entraîné la fermeture des autres camps.

Et vous, seriez-vous prêts à passer 2 semaines dans ce camp de l’enfer ?



Documentaire diffusé en France (2009)

Discussions

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Sun, 18 Nov 2018 12:38:01 +0100
<![CDATA[ Soirée Beaujolais 2018 ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-134669-soiree-beaujolais-2018.html Comme convenu, nous organisons une soirée spéciale BEAUJOLAIS
Pour ce faire, il faudrait, que chacun  choisisse une date et se répartisse les achats, faites votre choix et laissez en commentaire votre prénom et votre choix  ; exemple : Jérôme M apportera le fromage et les gâteaux apéro. merci de répondre assez rapidement ( Avant le mercredi 18 novembre si possible).

A Répartir donc pour environ 12 personnes

-vin beaujolais nouveau  3-4 bouteilles
-autre vin rouge  environ 4 bouteilles
-eau qq bouteilles
-jus de fruits qq bouteilles
-gâteaux apéritif
-cake(s) salé(s)
-paté
-pain, beurre
-accompagnements salés type petites tomates, taboulé etc...
-fromage
-gâteaux sucrés
-fruits

-nappe en papier
-serviettes en papier
-verres plastiques
-assiettes plastiques
-sacs poubelles

prévoir d'amener des couverts et des verres à vin!!!

Commentaires en bas de la page



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Sun, 18 Nov 2018 12:19:01 +0100
<![CDATA[ 6 arts martiaux japonais qui ont conquis le monde ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-134671-6-arts-martiaux-japonais-qui-on.html

Les arts martiaux, appelés « Budô » en japonais, sont sûrement les éléments culturels qui se sont exportés avec le plus de succès du Japon.

 

Les 6 arts martiaux suivants sont aisément praticables dans le monde entier. Alors, voulez-vous entraîner votre physique et votre mental ?

 

L’aikido

aikidoCet art martial a été crée dans les années 20 par Morihei Ueshiba (1883-1969), un expert qui avait atteint le plus haut degré de maîtrise des arts martiaux traditionnels japonais.

Le principe de l’aikido est de canaliser la force de l’adversaire pour la retourner contre lui au lieu de s’y opposer de front. Il n’existe pas de compétition d’aikido car la finalité de ce budô n’est pas de s’entraîner à atteindre la perfection d’une technique mais d’éprouver son caractère en accord avec les règles de la nature.

Illustration du principe de l’aikido : neutraliser l’attaque adverse en usant du minimum de force.

 

Le judo

judoJudo signifie « voie de la souplesse ». Sa pratique est compétitive et intense. Il a été inventé par Jigoro Kano en 1882. Il se caractérise par des techniques pratiquées au sol, de projection, de contrôle de l’adversaire. Mais le but de Kano n’était pas seulement de créer des techniques pour obtenir la victoire mais aussi de travailler le mental.

Le judo est le plus célèbre art martial au Japon, probablement car c’est une discipline olympique.

 

Le kendo

kendoLe kendo est un art martial moderne, héritier du kenjutsu (l’art du sabre des samourais), utilisant des armes en bambou (shinai) et une armure (bôgu). De nos jours il est largement pratiqué au Japon et dans le reste du monde. Le kendo combine des techniques et les valeurs des arts martiaux avec une activité physique intense.

Le kendo résulte de la transformation d’un art de tuer son adversaire à un moyen d’apprendre des techniques et de développer son esprit.

 

L’iaido

iaido

L’iaido, parfois abrégé « iai », est un art martial japonais moderne. L’iaido est l’art de dégainer un sabre de son fourreau de manière parfaitement contrôlée et fluide pour frapper son adversaire en un coup puis d’en essuyer le sang et de le rengainer. Certains débutants commencent à pratiquer avec un sabre en bois (le bokken) selon le style de leur professeur mais la plupart utilisent un sabre émoussé appelé iaitô. Les pratiquants maniant un sabre réellement aiguisé (shinken) sont peu nombreux et très expérimentés.

En iaido, le mouvement part d’une position assise pour finir par le sabre remis au fourreau, le tout dans une succession de mouvements fluides.

 

Le karaté

karate

Le karaté est un art martial qui s’est développé sur les îles Ryûkyû, aujourd’hui Okinawa, qui ont longtemps été indépendantes. Il a combiné des techniques indigènes de ces îles avec des influences d’arts martiaux chinois comme la Grue Blanche. Le karaté vise à se défendre ou à attaquer à l’aide de différentes parties du corps : les pieds, les genoux, les coudes, la main ouverte ou fermée, les avant-bras, les doigts.

Historiquement et dans certains styles modernes on enseigne également des prises, des projections, des blocages, des clés et des coups portés aux points vitaux. On donne le nom de karatéka aux pratiquants de cet art martial.

Les niveaux de karaté (qui peuvent être différents selon les fédérations) sont symbolisés par des ceintures de couleur. La plus célèbre est la noire, portée jusqu’au 5ème dan (sur un total de 10).

 

Le kyûdo

kyudo

Le kyûdo est l’art martial qui enseigne la maîtrise de l’arc. L’arc et les flèches employés étaient autrefois les armes des samouraïs au même titre que le katana. Avec le temps cet art est devenu cérémonial et populaire.

Une chorégraphie de mouvements précis n’utilisant qu’un minimum de tension musculaire et un maximum d’énergie spirituelle sont requis pour décocher la flèche et atteindre la cible. L’esprit doit être complètement serein et le corps en parfait équilibre.

Le kyûdo diffère des autres arts martiaux dans le sens où l’ennemi n’est pas un autre être humain mais une cible. Si vous ne parvenez pas à l’atteindre, la faute vient forcément de vous. Le kyûdo entraîne à la maîtrise de soi et à discipliner l’esprit.

Source : http://www.wasa-bi.com / Shutterstock.com

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Thu, 18 Oct 2018 12:36:01 +0100
<![CDATA[ 77 FAITS SURPRENANTS SUR LE JAPON ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-134670-77-faits-surprenants-sur-le-jap.html ]]> Tue, 18 Sep 2018 12:33:01 +0100 <![CDATA[ Reprise des cours saison 2018/2019 ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-133080-reprie-des-cours.html Date de reprise des cours d'Aïkido de la
saison 2018/2019 : mercredi 5 septembre 2018

Reprise des cours Aïkido :Débutants et confirmés le mercredi 5 septembre2018

Pensez à vos certificats médicaux !

Journée portes ouvertes le samedi  8 septembre 2018
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Thu, 30 Aug 2018 19:32:01 +0100
<![CDATA[ La fabrication du Katana ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-133044-la-fabrication-du-katana.html ]]> Tue, 28 Aug 2018 14:58:01 +0100 <![CDATA[ L'Aïkido, un art martial adapté à tous ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-133043-l-aikido-un-art-martial-adapte-.html ]]> Sat, 28 Jul 2018 14:54:01 +0100 <![CDATA[ Les singes de la sagesse ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-132007-les-singes-de-la-sagesse.html

Three wise monkeys (source : Flickr/My name is joe)

Je sais que beaucoup de mes lecteurs sont très familiariés avec la culture nippone et c'est plutôt sympathique lors de vos prises de contact (que je vous invite d'ailleurs à réitérer car parfois, kohaï dans la lune, j'efface par mégarde les mails que je reçois et je sais que certains râlent croyant que je ne réponds pas :-) ). Je prends plaisir notamment à discuter de certains rites et mythes relevant du floklore courant que, souvent, je ne connais pas aussi bien que j'aimerai le croire.

Cela m'a donc donné l'idée de vous parler d'un "conte de sagesse" comme dirait Henry Plée (et son éléphant dans le noir) qui n'est pas si typiquement japonais qu'on aimerait bien le penser.

Il s'agit des 3 singes de la sagesse : Kikazaru (le sourd), Iwazaru (le muet) et Mizaru (l'aveugle).

 

Les trois singes représentés sur les portes du Nikk? T?sh?-g?, l'un des sanctuaires de Nikko

 

La maxime accompagnant cette représentation des singes est d'origine chinoise (on trouve notamment des traces de son utilisation dans les entretiens de Confucius plusieurs siècles avant J.C). Elle signifie « Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler ».

Le conte accompagnant souvent celle ci est lui d'origine bouddhiste (Gandhi gardait d'ailleurs toujours sur lui une "amulette" de ces trois singes qui sont porteurs d'une puissante symbolique). Il narre comment un singe (pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de leur roi) devint garde du corps et compagnon du moine Xuanzang puis l'aida dans ses voyages à retrouver des livres saints du bouddhisme tout en le protégeant des démons qui lui voulaient du mal. Nommé "la pérégrination vers l'ouest", l'histoire est bien connue au japon et se nomme Saiy?ki. Elle fait d'ailleurs l'objet d'un nombre incroyable d'adaptation plus ou moins fidèles et dont vous connaissez sans doute la plupart.

Si nous examinons le conte du point du vue de Sun Wukong (le roi des singes), les aventures qu'il vit sont pour lui autant une occasion de protéger le moine (quelque peu naïf) de ses ennemis que de lutter contre ses propres démons intérieurs et de s'assagir (Sun Wukong est un personnage avec de puissants cotés négatifs, il est notamment brutal, instable et colérique).

Mais la tradition japonaise de sculpter non pas un mais 3 singes sur les portes des sanctuaires et les koshinto (piliers utilisés pendant un des rituels de la croyance Koshin que l'on peut résumer par : rester en bonne santé en adoptant le bon comportement) qui se popularise à la fin de l’ère Muromachi (1333-1568) est une autre adaptation de cette mythologie du singe comme gardien et messager divin très présente dans le bouddhisme. Elle fut introduite par l'école Bouddhiste Tendai (et son fondateur le moine Saichô) quelques siècles auparavant. Ils sont alors des commandements (ou 3 vérités) pour se garder du mal et de la mauvaise fortune et s'interprêtent comme ceci :

-Je ne dis pas ce qu'il ne faut pas dire.

-Je n'entends pas ce que je ne dois pas écouter.

-Je ne regarde pas ce que je ne dois pas regarder.

Ces invectives, sculptés sur des objets, sont des symboles de protection qui indiquent aux démons que, sous ce toit, les commandements de la sagesse sont respectés et que le mal peut passer son chemin.

 

Trois jeunes apprenties Geisha prenant la posture des trois singes

 

Ce qui est surprenant pour un occidental et sa lecture omote ou cartésienne de ces principes c'est qu'à première vue, ces conseils semblent complètement idiots. Je fus d'ailleurs le premier à penser au départ que celui qui respectait ce genre d'engagements à la lettre était un couard ou un imbécile. En effet, ne pas parler du mal (dans le sens général), ne pas le regarder en face, ou ne pas écouter ce qu'on en raconte ne le fait pas disparaître du tout et, de façon terre à terre, je me disais qu'il n'épargnerait pas non plus celui que je pouvais qualifier d'ignorant. Je me retrouvais moi même dans la position du Roi des Singes au début du conte mais...sans bonze pour m'éclairer.

En réalité, le conte et cette symbolique des 3 singes ne représentent pas l'ignorance comme idéal mais bien l'éveil par la sagesse intérieure. C'est un sens profond ou caché (ura). Le message est justement de ne pas se fier à ses sens. De se garder du matériel qui peut nous tenter tous et d'éviter de le véhiculer en soit même. C'est une invitation à l'humilité, à l'ascèce, à la simplicité et à l'intériorité.

Car celui qui ne désire rien, ne souhaite rien et ne possède rien ne peut pas être tenté par ses sens et le monde terrestre. Celui là se tournera vers lui même et non vers le monde extérieur et trouvera aisément la sagesse qu'il cherche.

On peut également dire que ce conseil est une prescription (martiale) d'abandonner le mental, de lui laisser de la place pour la vacuité. Le Roi des Singes se rend compte au fur et à mesure du conte qu'il n'est pas invincible parce qu'il est fort et violent mais parce qu'il est sage et qu'il suit l'enseignement du bonze l'invitant à faire le vide en lui. Le singe perd son animalité et devient meilleur juge et meilleur combattant en oubliant ses désirs terrestres qui perdent alors leur emprise sur lui.

On peut conclure que ce conte de sagesse est donc une invitation à devenir meilleur pour atteindre nos objectifs car nous sommes tous, un jour ou l'autre, des singes idiots. C'est ce que je vous invite à faire cette semaine en oubliant un peu vos préocupations terrestres (sauf de lire mes autres articles bien entendu) et à vous retrouver.

Faites le vide en vous, ne vous laissez pas manger par le matériel, ne le laissez pas vous avoir plus qu'il n'est nécessaire (nous ne sommes pas des bonzes évidemment) en dehors et sur le tatami (non, non, je ne suis pas devenu gourou, je vous rassure :-)). Et surtout, très chers lectrices et lecteurs, profitez pleinement de la vie et de ce qu'elle ne manque pas de vous apporter. Tout simplement.

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Japon traditionnel

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Tue, 12 Jun 2018 19:43:01 +0100
<![CDATA[ Le Sabre japonais Tenshin Ryu au 30e Festival des Arts Martiaux ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-132012-le-sabre-japonais-tenshin-ryu-a.html ]]> Sat, 12 May 2018 19:57:01 +0100 <![CDATA[ Gérer la douleur et la peur par la respiration ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-132011-gerer-la-douleur-et-la-peur-par.html ]]> Thu, 12 Apr 2018 19:55:01 +0100 <![CDATA[ Le bonsaï, une passion qui gagne le monde ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-132010-le-bonsai-une-passion-qui-gagne.html SOURCE NIPPON


Les bonsaïs, des œuvres en perpétuelle évolution

Un bonsaï composé de mousse.

Les bonsaïs sont des représentations miniatures de paysages naturels, réalisées dans des pots en utilisant des arbres et des herbes, conformément à une pratique traditionnelle japonaise basée sur la contemplation. Le propriétaire du bonsaï peut modeler le paysage voulu par différentes techniques, en taillant ou courbant les branches, en les incurvant avec du fil de fer, en disposant des pierres ou en y faisant pousser de la mousse. Les créations des artisans les plus habiles sont considérées comme des œuvres d’art à part entière et certaines d’entre elles peuvent atteindre des prix allant jusqu’à plusieurs millions de yens.

Un bonsaï n’est jamais fini. Comme les végétaux qui le composent sont véritables, il ne cesse de grandir et d’évoluer. C’est pour cette raison que les bonsaïs nécessitent une attention permanente et des soins quotidiens, et qu’il s’agit là d’un travail qui demande du temps.

L’origine du bonsaï remonte à l’époque de Heian (794-1192), lorsque fut introduite au Japon la coutume chinoise de reproduire sur des plateaux des paysages en utilisant terre, sable, mousse, arbres et herbes. À la base une occupation réservée aux nobles de la cour, le bonsaï, et notamment les arbustes, devient populaire à l’ère Edo auprès des guerriers et des marchands. Certains samouraïs, pour lesquels le travail était alors rare, sont allés jusqu’à faire de la vente de bonsaïs leur activité secondaire.

Le succès des figurines « man bonsaï » auprès des jeunes

Vu la patience requise pour sa taille et son entretien, le bonsaï devient, à partir de l’ère Meiji (1868-1912), le passe-temps favori des hommes du troisième âge qui disposaient de suffisamment de temps libre. C’est ainsi que naît l’image du bonsaï, hobby des personnes âgées, une notion qui a néanmoins commencé à évoluer ces dernières années.

Récemment sont apparus les « man bonsaï », des bonsaïs décorés de figurines miniatures. À la différence des bonsaïs traditionnels dont le concept reste abstrait, ceux-ci sont conçus sous forme de diorama pour donner un effet réaliste et dramatique. Et les bonsaïs ont également commencé à séduire les jeunes par le biais de l’engouement pour l’horticulture et la botanique.

Un « man bonsaï », décoré de figurines.

En 2017, la ville de Saitama accueillera la Convention Mondiale de bonsaï. Le Musée de l’Art du Bonsaï d’Ômiya se trouve dans la même ville et a vu le nombre de ses visiteurs augmenter de 40 % entre 2013 et 2014. Cet établissement est très populaire notamment auprès des touristes venus de France et de Belgique.

LIen : Le Musée de l’Art du Bonsaï d’Ômiya

Le bonsaï gagne l’Europe

Le bonsaï fait également une décoration d’intérieur parfaite.

Le bonsaï fait donc de plus en plus d’adeptes, à la fois auprès des jeunes Japonais et d’un public international et il fait d’ores et déjà partie de la liste des éléments culturels les plus « cool » du Japon. Il est populaire notamment en Europe où apparaissent plusieurs revues et associations autour de ce thème. Il existe même en Italie une école professionnelle et, selon la JETRO (Organisation du commerce extérieur du Japon), alors que les exportations de bonsaïs et d’arbres de jardin représentaient 640 millions de yens en 2001, elles ont littéralement décuplé en 10 ans pour atteindre un chiffre record de 6,7 milliards de yens en 2011 !

Lien : liste de clubs Bonsaï en France, Belgique et Suisse

Pendant l’époque d’Edo, l’art du bonsaï se divisait en plusieurs styles, dont celui de Hachiyama ou Senkeiban. Mais par la suite, le bonsaï est devenu peu à peu plus abstrait et plus libre, et a donné l’occasion de s’exprimer et de ressentir l’arbre selon son goût, ce qui fait tout le charme de cet art aujourd’hui.

(Photo du « man bonsaï » : MIXTRIBE / Flickr)

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Mon, 12 Mar 2018 19:50:01 +0100
<![CDATA[ Le rituel du bain au Japon ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-132008-le-rituel-du-bain-au-japon.html SOURCE CAIRN INFO

parJoëlle Nouhet

Au Japon, l’organisation familiale traditionnelle, centrée sur la maisonnée (), composée de plusieurs générations qui cohabitent, s’est transformée considérablement depuis la Deuxième Guerre mondiale. La prééminence absolue du chef de famille et la subordination presque totale de l’épouse sont quasiment révolues alors que la nucléarisation des familles s’est généralisée, surtout dans les centres urbains.
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La famille reste cependant, partout, le groupe premier d’appartenance. Elle apparaît pour ses membres un « dedans » chaleureux face au « dehors » toujours vaguement menaçant constitué par la société et ses multiples institutions. Au sein du groupe familial, l’identité des hommes est très conditionnée par leur profession et leur appartenance à l’entreprise, dont le modèle tend à reproduire la sécurité et la permanence du foyer, tandis que celle des femmes est apportée par le statut d’épouse et la maternité. La dépendance prolongée des enfants à la mère (amae) est d’ailleurs cultivée tandis qu’il est demandé à cette dernière un comportement sans faille, à la mesure de l’idéalisation dont on la pare : un modèle d’amour inconditionnel et de compassion.

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Le rituel du bain illustre tout particulièrement cette dimension de totalité conférée au groupe familial ainsi que la place tenue par la figure maternelle au sein de cette entité. Pris souvent dans les familles juste avant le coucher, le bain est plus qu’un rituel de transition entre le jour et la nuit, il est davantage qu’un rituel de purification des pollutions extérieures, il est le rituel par lequel se confirme l’intimité commune du groupe familial et la relation fusionnelle à la mère qui en constitue le cœur. Au-delà, il est aussi un lieu privilégié où l’identité individuelle, intégrée au sein du groupe familial, se confond avec l’identité conférée par le sentiment d’appartenance à un groupe plus large encore, celui qu’offre la culture japonaise, passée et présente.

Comment se baigner ?

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Qui n’apprécierait les délices du bain nippon ? Celui qui le trouverait trop chaud?[1][1] Les Japonais ont l’habitude de se baigner dans de l’eau..., celui qui voudrait se laver dedans ou celui qui, pressé ou anxieux, ne connaîtrait que les douches verticales, craignant de s’allonger dans l’eau ou inquiet de sombrer dans une régression qu’il craindrait fatale. Privé ou public, le bain au Japon demande un minimum d’initiation. Les Japonais le pratiquent depuis toujours à leur façon, entre sensualité, sociabilité et méditation.

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Pour des Japonais, prendre un bain rapide est suspect. On peut alors s’entendre dire ironiquement que l’on se baigne comme un corbeau – karasu gyiôzui : ablutions de corbeau. C’est bien connu, au Japon, on a coutume de se laver avant et après le bain, jamais pendant. On se lave à l’extérieur du bain, jamais dedans. Que l’on aille au onsen, une source thermale, au sento, le bain public, ou que l’on se baigne chez soi, on prend son temps, on se savonne et l’on se rince à plusieurs reprises puis l’on se baigne. Amateur de sensations épidermiques, on se frotte avec pierres ponces, éponges métalliques ou autres accessoires de grattage, du haut en bas, inlassablement. On répète les mouvements, les pressions, les frictions, de la tête aux orteils, infiniment. On s’asperge hors du bain et on se délasse dedans, seul ou ensemble, femmes et enfants, hommes et enfants, puis on se lave, femmes d’un côté, hommes de l’autre. On continue à se baigner et se frotter le dos, puis se rebaigner et se baigner encore, longuement. Dans certains bains publics (sento) ou auberges, on trouve parfois un « mode d’emploi » rédigé à l’attention des étrangers. Entre autres informations, on peut lire : « Le bain japonais est différent de celui des autres pays principalement en ceci : Vous prenez un bain chaud non seulement pour vous laver mais pour vous détendre confortablement dans l’eau chaude. Vous ne vous lavez pas dans le bain, mais vous vous lavez et vous savonnez à l’extérieur du bain. L’eau chaude du bain est utilisée par plus d’une personne. L’eau du bain n’est pas renouvelée pour chacun. » En effet, on se met dans le même bain?[2][2] Notons les connotations négatives des expressions françaises... que les autres, on partage son bain quotidien, sa chaleur, sa sensualité, et les représentations liées à la purification. Si l’on se lave avant, c’est que le bain est avant tout un espace de détente où se délester de la pesanteur ordinaire, un espace de confort et de régénération. On dissout ses soucis dans l’eau, on les « laisse couler?[3][3] Cf. l’expression Mizu ni nagasu, s’en débarrasser dans... », on se lave de la vie, inochi no sentaku ou kokoro no sentaku (littéralement : lavage de la vie, ou lavage du cœur), dit-on en japonais. On fait sortir les miasmes de la vie ordinaire et laborieuse par les pores de sa peau. On se lave pour entrer dans la nuit, on se fond dans l’eau, on lui livre son corps comme à la fusion d’un acte érotique. Au onsen, dans le rotenburo, le bain extérieur, souvent à ciel ouvert – parfois en pierre, parfois en bois de cèdre japonais – au cœur de la nature, on offre son corps aux dieux du ciel, de la terre, des forêts et des mers. On contemple la nuit, on parle avec les étoiles. Au creux de la plaine, dans sa palpitation maternelle, on se baigne dans les ocelles du soleil ; à flanc de montagne, nu dans l’hiver, bien au chaud dans l’eau, on regarde danser la neige, sa légèreté, sa fragilité ; mélancolie des choses, mono no aware, on devient poète, on s’adonne à la paresse, on écoute le silence, on lui abandonne son corps, elle est là, tout près… l’éternité.

Nostalgie

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Cette fusion où excellent les Japonais n’est pas sans nous rappeler certains traits de la relation entre la mère et l’enfant au Japon. Souvent qualifiée de symbiotique, elle favorise la dépendance et l’indulgence qui sont les fondements de l’amae, concept repéré et décrit par le psychiatre-psychanalyste Doi Takeo et auquel Michael Balint se réfère dans son texte sur l’amour primaire.

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Amae est un mot japonais qui fait partie du langage vernaculaire. Sans équivalent simple dans les langues occidentales, il est dérivé du verbe amaeru, qui signifie à la fois dépendre de, désirer être aimé et compter sur l’indulgence de quelqu’un. Ce concept fait initialement référence aux sentiments du nourrisson et à son comportement d’attachement envers sa mère. Il correspond au désir d’être aimé passivement. Amae a une connotation positive, il suggère quelque chose de désirable et repose sur la certitude, a priori, d’être entièrement accepté par l’autre. Il existe, en japonais, tout un vocabulaire qui s’articule autour de ce thème, en exprime les différentes phases et les nuances, preuve linguistique de l’importance de ce concept dans la vie affective nippone. Doi Takeo a décrit la manière dont l’amae se nuance et s’actualise à l’âge adulte pour caractériser les relations sociales et familiales des Japonais. S’il reconnaît le caractère universel de cette modalité relationnelle, il insiste sur son ampleur et ses conséquences dans la société japonaise, entre les proches, ceux « du dedans » (uchi no hito).

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Au Japon, où l’on valorise peu l’autonomie de l’individu et beaucoup son appartenance à un groupe, on s’attache à cultiver subtilement l’amae, on le pratique de façon raffinée. Le Japon serait-il le paradis de l’amae ? L’amae « primitif », idéalement satisfait, celui du lien précoce entre la mère et l’enfant, va évoluer, au Japon comme ailleurs, avec les vicissitudes de la relation, dans un jeu où la distance physique et psychique lui feront prendre des formes plus raffinées et plus adaptées à une socialisation. Amae, comme expérience intérieure, a à voir avec une forme d’amour qui présuppose une attitude passive envers l’autre, tout comme il implique une dépendance au « récepteur » pour son accomplissement. Dans sa relation au désir, il peut se référer aussi bien à un état de satisfaction, quand il y a réciprocité, qu’à un état de frustration. De plus, s’il est descriptif, amae n’est pas expressif. Non seulement il est le plus souvent inconscient, mais on ne peut pas dire « j’amaeru à toi » comme on dirait « je t’aime ». À l’origine, explique le Dr Doi, le sentiment authentique d’amae ne serait communiqué et apprécié que de manière non verbale. La verbalisation gâterait le désir d’amaeru et rendrait sa vraie satisfaction virtuellement impossible. Selon Doi Takeo, l’amae entre en jeu avant l’établissement du complexe d’Œdipe. La tendance nippone à perpétuer cette douce émotion de la petite enfance, qui nous rappelle ce que Freud nomme « le choix objectal primaire », atteste, au plan social, d’une grande tolérance à la régression, aisément vérifiable dans la vie quotidienne au Japon. Ce que Michael Balint appelle « amour d’objet passif » ou « amour primaire » correspond à l’amae dans sa forme « pure ».

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La théorie de l’amae, qui s’étend au-delà du champ psychanalytique « pur », me semble intéressante en ce qu’elle traduit la qualité, les nuances et les vicissitudes des relations de dépendance affective dans leur relation au désir. Si le concept d’amae nous éclaire quant au mode de relations humaines privilégié au Japon, il nous aide aussi à comprendre en quoi le silence y est considéré comme la forme la plus haute du discours entre les proches. Garant de l’harmonie entre les êtres, il gomme les aspérités, estompe les différences, il garde intacte l’unité primordiale. Dans le monde du silence, dans le cercle des intimes, l’amae peut s’exercer en toute quiétude, le silence érotisé est la trame sur laquelle il pourra se déployer. On peut se demander quelle est la place du tiers dans cette relation et comment il l’occupe. Qu’en est-il de la médiation paternelle ? Les pères, le plus souvent, sont absents physiquement. Quand l’enfant est petit et qu’il dort dans la même pièce que les parents, pour ne pas être dérangé, le père peut aller dormir dans la pièce à côté ou même rester sur son lieu de travail. Largement entamée par la défaite de la dernière guerre, l’image des pères japonais contemporains n’est ni valorisée, ni valorisante. Autrefois guerriers ou paysans autoritaires et obéis, les pères les plus nombreux d’aujourd’hui sont des salarymen qui passent beaucoup de temps sur leur lieu de travail et en activités sociales, dévoués corps et âme à leur entreprise, à la façon dont leurs mères se sont dévouées pour eux.

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Les mères font peu référence, dans leur discours, à l’autorité paternelle. C’est bien plus à l’entourage, au groupe social que la mère réfère les thèmes de punition surmoïque. C’est au regard des autres, aux yeux du monde, seken, les voisins par exemple, que la mère renvoie l’enfant lorsqu’elle le réprimande, en douceur, dans un souci constant de se conformer aux attentes du groupe. La notion de seken, centrale dans la culture japonaise, fait référence à cette fraction de l’entourage dont l’opinion influence les choix et les décisions. Inoue Tadashi décrit l’espace psychosocial des Japonais comme la sommation de trois cercles concentriques où le seken occupe une place intermédiaire entre les proches (miuchi) et ceux qui leur sont totalement étrangers (tanin). Seken n’inclut pas la communauté des proches, des intimes, car au sein de celle-ci, ils peuvent se laisser aller : leur indulgence (amae) leur est acquise sans réserve. Il s’oppose aussi à la communauté de ceux qui leur sont inconnus, les « autres », qui n’auraient pas de prise sur leur réalité. La notion de seken est essentielle au Japon en ce que, dès le début, l’enfant est amené à prendre sa place au sein du groupe de référence, non pas en tant que sujet différencié, mais comme membre d’un groupe qui le structure, à partir d’une aconflictualité qu’il sera sommé d’entretenir et de perpétuer. En effet, il faut à tout prix faire en sorte de ne pas rompre l’harmonie du groupe, de ne jamais faire honte aux autres, l’apparence aux yeux du monde, le jugement des autres étant d’une importance primordiale car ils retentissent sur le groupe familial dans son entier.

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Si la relation entre l’enfant et la mère est peu médiatisée par le père, si elle est fragilisée par les modes de vie citadins, les tiers y ont leur place, d’autant plus importante que l’accent est mis en permanence sur l’appartenance de l’individu à un groupe et sur la priorité des fins collectives, dès les premières étapes de la socialisation, comme si l’identité n’était définie que comme cette relation elle-même. Ne pourrait-on pas penser que la tradition intériorisée et sa fonction symbolique sont un substitut à une forte image paternelle ?

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L’attention considérable prêtée à l’enfant les premières années, la disponibilité de la mère, l’indulgence et la bienveillance générales qui l’entourent trouvent leur origine dans la conviction d’une nature humaine bonne à la naissance. Le jeune enfant doit être éduqué mais il n’est pas, comme en Occident, porteur potentiel du péché originel. Don du ciel, il est « bon » par nature et on fête beaucoup l’enfant, considéré comme un cadeau des dieux, en contact avec eux jusqu’à sa septième année. Ainsi, par exemple, le troisième jour après la naissance, on célèbre le premier bain, le port du premier kimono et on coupe une mèche de cheveux à l’enfant. C’est une forme de rituel baptismal qui signifie que l’enfant est reconnu et accepté comme être humain. Des rituels accompagnent le premier repas, le premier anniversaire… On va au sanctuaire shinto célébrer les 3 ans et les 7 ans des filles, les 5 ans des garçons. Les enfants sont vêtus de kimonos richement décorés et sont maquillés pour paraître en excellente santé. L’enfant garde un lien avec le divin et, bien sûr, avec la lignée des ancêtres. On dit d’ailleurs que « les fautes des parents hantent les enfants ». C’est l’idée du karma parental, d’une continuité transgénérationnelle. Rappelons qu’au Japon, le sujet se définit plus souvent dans un rapport à une lignée et à un statut social que par lui-même. Lorsqu’un couple donne naissance à un enfant, l’homme appelle son épouse « okaasan » (maman) qui elle-même appelle le père de ses enfants « otoosan » (papa). Mais revenons à la chaleur du bain.

« Madame Honorable Sac »

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Dans un bain, on est enveloppé, contenu, on peut se laisser porter, à fleur d’eau, à fleur de peau, comme un fœtus dans le corps maternel. Bien au-delà d’une nécessité hygiénique, le bain au Japon est un véritable rituel où l’on cherche à recréer une unité, à jamais perdue, sans cesse retrouvée, illusoirement, entre soi et la mère, entre soi et la nature, symbole maternel. Si l’on admet que les Japonais conçoivent la nature comme essentiellement bonne et fondamentalement indistincte du soi, on peut aisément faire le lien avec la maternalité du bain. Remarquons que, selon la tradition shinto?[4][4] Littéralement, « la voie des dieux ou esprits », les..., c’est le dieu de l’eau, Suijin-sama, qui veille à la naissance des enfants. Pour favoriser l’accouchement, aujourd’hui encore, on fait des offrandes aux temples qui lui sont dédiés. Par ailleurs, on sait la prédilection nippone pour les enveloppements, des choses, du langage et des gens ; depuis l’art de faire les paquets, celui du port du kimono, les subtilités du keigo, le langage honorifique, jusqu’à la grande proximité corporelle entre la mère et le petit enfant, du bain jusqu’au futon. Si, traditionnellement, la mère portait l’enfant sur le dos, maintenant, il est le plus souvent sur le devant – ce qui, on s’en doute, n’est pas sans conséquence sur sa vision du monde. Plus tard, sous l’effet d’un autre mouvement, l’entrée dans la vie active, les enfants grandis apprécient la position horizontale dans les voitures chauffées ou air-conditionnées. Là, assoupis ou déjà dans les bras de quelque Morphée japonais, ils cherchent chaleur ou fraîcheur et intimité. À l’abri du regard des autres, protégés dans la cavité de métal, ils s’accordent un repos réparateur, de quelques minutes ou de quelques heures. Quand ils ne dorment pas dans les autos, ils se laissent aller au même mouvement dans les transports en commun, les salles de conférence ou tout autre lieu public. Quand ils ne dorment ni ne travaillent, ils iront ensemble, comme un seul homme, boire et « karaoker » dans les bars, parfois à l’excès. Là, ils retrouvent leur « mamma » – c’est ainsi qu’ils appellent la serveuse quand elle porte un âge de maturité – et leur saké ou leur bière préférée, souvent à l’excès. Au Japon, nul ne saurait les en blâmer ; pour certains, plus qu’un besoin, c’est quasiment une obligation de travail, un passage obligé.

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Cette tolérance, toute nippone, pour les régressions sous diverses formes – bain, sommeil ou alcool – et cette prédilection pour les enveloppements et les positions fœtales nous évoque, évidemment, la nostalgie du retour à la matrice, le fantasme originaire de retour intra-utérin. Fantasme de désir, fantasme de fusion, il aspire à un état d’indistinction entre le moi naissant et l’autre, un état de plénitude, atemporel, hors des atteintes de la réalité, sans contraintes. C’est cet état-là, ce bien-être-là, matriciel, cette fusion primitive que l’on cherche à retrouver, inconsciemment le plus souvent, quand on s’abandonne aux plaisirs du bain. Et si les Japonais en sont particulièrement fervents, c’est peut-être aussi parce que leur relation à la dépendance est différente de la nôtre. Acceptée, voire même valorisée, la dépendance à la mère, la dépendance à la nature ouvre des horizons infinis, accessibles depuis l’espace minimal qu’est le bain.

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Hiroko Nakamura, pianiste, évoquait ainsi ses sentiments, en souvenir du temps où elle était élève de Rosina Lhevine à la Julliard School de New York : « J’étais amoureuse de Madame Lhevine. Elle était admirable. Elle parlait peu mais quand je jouais pour elle, c’était comme si j’avais pris un bain chaud. J’avais la sensation que tout était propre et merveilleux. C’était un professeur qui donnait de l’inspiration. Elle était gentille avec moi. Elle m’appelait régulièrement, chaque jour, pour me demander comment j’allais et pour me parler, m’encourager » (Ohnuki-Tierney, 1984). À la femme-professeur aimée, idéalisée, H. Nakamura associe la chaleur du bain, ses vertus purificatoires, le « holding » maternel et l’interdépendance.

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Les hommes japonais, quand ils parlent de leur mère avec, dans la voix, des accents de tendresse, la nomment parfois Ofukuro-san, littéralement « Madame Honorable Sac ». Alors, il arrive que leur voix chavire pour la rejoindre. Les femmes, elles, n’emploient pas ce terme, ce serait déplacé…

Bain en famille

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Selon les Japonais, le bain en famille resserre et améliore les liens entre parents et enfants. On fait l’éloge aujourd’hui du « sukinshippu »skinship – que l’on associe au contact peau-à-peau, aussi bien dans le bain que hors de l’eau, entre la mère et l’enfant. Dans leur étude comparative sur les soins maternels et le comportement des enfants au Japon et en Amérique, Caudill et Weinstein (1969) montrent que le contact physique des mères japonaises avec leur premier enfant, à l’âge de 3-4 mois, est plus grand que celui des mères américaines. Parmi les variables indépendantes considérées, ils concluent que la culture est, de loin, la plus importante source de différence dans les comportements de ces enfants et de leurs mères. Ils soulignent les répercussions sur le développement émotionnel de l’enfant, ce qui pose la question des modalités de l’inscription de la culture sur la réalité psychique.

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S’il rentre avant que les enfants ne soient couchés, le père donne parfois le bain à l’enfant. Le plus souvent, c’est le week-end seulement qu’il peut s’accorder ces moments d’intimité partagée. Au Japon, où la relation parents-enfants est privilégiée par rapport à la relation conjugale, les adultes, parents ou grands-parents, se baignent avec les enfants ou petits-enfants, bien plus souvent qu’avec d’autres adultes. De même que l’on partage sa couche avec eux, on se baigne régulièrement avec les enfants jusqu’à 7 ou 8 ans. Cependant, il n’est pas rare que l’on prenne son bain occasionnellement avec des enfants plus âgés. Généralement, le bain père-fille diminue progressivement autour de la puberté, mais le bain mère-fils peut continuer au-delà. Les adolescents partagent le bain avec le parent du même sexe au bain public ou aux sources thermales, plus rarement avec le parent du sexe opposé. On considère que cette pratique améliore les relations familiales, on associe bain, confort et « communication » (Clark, 1995). Un étudiant japonais résidant aux États-Unis plaisantait ainsi à propos de la psychanalyse : « Je ne comprendrai jamais le complexe d’Œdipe. Quand je rentre à Tokyo pour les fêtes de fin d’année, mon idée du plaisir consiste à penser au bain que je vais prendre avec ma mère et à la tournée des bars que je ferai avec mon père. »

Intimités

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Selon S. Clark, dans les bains publics, les saunas, les centres de traitement ou les sources thermales, on accorde une valeur importante aux possibilités d’interactions, plus « proches » dans le bain. Partager, nu, le même bain représente une suspension des barrières sociales. Les expressions relatives à la proximité peau-à-peau – skinship – et à la nudité attestent que celles-ci sont valorisées au-delà de la relation mère-enfant en ce qu’elles autorisent une réduction temporaire de la distance socialement acceptée et pratiquée au quotidien. Au Japon, où la distance interindividuelle est si subtilement codifiée et ritualisée, on éprouverait d’autant plus le besoin de se ménager des espaces où l’intimité est permise, où l’on peut laisser reposer son masque social et se délester un peu des contraintes relationnelles ordinaires, les laisser couler dans l’eau. Citons quelques expressions relatives à l’intimité et la convivialité du bain : hadaka no tsukiau : la convivialité dans la nudité?[5][5] Expression utilisée principalement par les hommes entre... ; hada to hada no fureai : l’unité silencieuse peau à peau. Une conversation « à cœur ouvert » se dit en japonais, littéralement, une conversation « le corps exposé ».

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Discrétion oblige, le plus souvent, dans les bains publics, on voit mais on ne regarde pas. Ou plutôt, l’on regarde furtivement, à la dérobée, mais l’on ne fixe pas son regard sur le corps de l’autre. Sauf peut-être, si l’on y regarde bien, à travers les miroirs et glaces où se reflètent les corps, invites à des jeux où le regard s’exerce librement. Dans l’iconographie du « monde flottant », l’ukiyoe?[6][6] Époque d’Edo (1608-1868)., sont représentées des scènes d’observation de baigneurs nus, de voyeurisme par des adultes ou des enfants cachés derrière des paravents ou des barrières de bambous.

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Par ailleurs, on connaît l’évitement traditionnel ou la limitation de tout contact physique à une sphère très privée au Japon. Des études comparatives montrent que la communication interpersonnelle par le toucher est environ deux fois moins fréquente qu’aux États-Unis (Barnlund, 1974). Même à la maison, on ne s’embrasse pas, si ce n’est en prélude à un rapport sexuel. Ainsi, l’on assiste au paradoxe manifeste suivant : la mère ou le couple partage le même futon ou le même lit que l’enfant, on se baigne ensemble, on encourage la pratique du skinship entre mère et petit enfant, et entre adultes, mais tout autre contact physique est soigneusement évité. D’une part une proximité, une intimité physique partagée entre parents et enfant qui serait considérée comme séductrice en Occident ; elle stimule et satisfait les besoins prégénitaux. D’autre part, hors de la sphère génitale, la rareté ou l’exclusivité de tout autre contact physique dans des espaces « réservés ». Au-delà du paradoxe apparent, ne peut-on faire l’hypothèse de la logique sous-jacente et des mécanismes de défense en jeu ?

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Le toucher serait-il plus sexualisé au Japon qu’en Occident ? Si on l’évite tant dans la sphère publique, serait-ce que l’on a davantage conscience de son caractère potentiellement sexuel ? Une trop grande proximité serait-elle considérée comme dangereuse et évoquerait-elle inconsciemment la possibilité d’une relation incestueuse ? Dans la relation entre les parents et l’enfant, le déni de la sexualité serait-il un mode de défense répandu ?

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Selon le psychiatre Franck Johnson (1993), au Japon, toute sexualité présente dans le bain ou dans la simple nudité elle-même est supprimée (« suppressed ») à l’intérieur de la maison, à l’exception toutefois des « couples mariés », qui peuvent trouver là l’occasion de préliminaires à des jeux sexuels. L’affirmation de Johnson, très prudente, ne tient pas compte du sens élargi que la psychanalyse donne au concept de sexualité. Il la limite à la sexualité génitale. D’autre part, à une époque où la nucléarisation des familles dans les villes, la diminution du nombre d’enfants et l’absence des pères au foyer créent les conditions d’une relation exclusive mère-enfant, il arrive que des mères isolées en arrivent à des extrémités. Frustrées dans leur féminité, leur sensualité, elles reportent sur l’enfant un désir sexuel en attente d’expression. Il est vraisemblable que l’excitation pulsionnelle trouve parfois un exutoire dans des jeux présexuels ou des passages à l’acte agressifs ou sexuels, au Japon comme ailleurs?[7][7] Cf. Akemi Nakamura, « Child abuse on rise, welfare....

Purification

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Au Japon, où le temps continue à se compter en nombre de lunes et de soleils?[8][8] Cf. la façon d’écrire la date au Japon. Par exemple,..., les Japonais restent inspirés par l’exemple inaugural de leur ancêtre céleste, Amaterasu. Ils considèrent et utilisent l’eau comme moyen de purification. De nos jours, dans l’atrium précédant tout temple shinto, se trouve une fontaine ou un bassin où le fidèle se lave les mains et la bouche avant de prier, pratique rituelle appelée misogi. Impatient, frileux ou étranger, il se trempe les doigts en vitesse et s’humecte le bout des lèvres, version postmoderne et abrégée du misogi.

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Toujours selon la plus pure tradition shinto, les lutteurs de sumo perpétuent intégralement ce rite. Avant de prier les divinités pour la victoire et de se prendre à bras le corps, ils se rincent copieusement la bouche, reniflent fort et crachent puissamment. D’un geste agile et circulaire, ils répandent du sel sur l’aire de combat car le sel, comme l’eau, a des vertus purificatrices. De même, aujourd’hui encore, chaque hiver, le « festival de la nudité » – hadaka matsuri, à Okayama par exemple – rassemble des hommes déshabillés, en quête de purification. Ils se livrent à divers exercices physiques, dont le bain dans l’eau froide. Quand ils en sortent, ils poussent quelques cris ou hurlements pour signifier à l’assemblée pantelante que tout va bien. S’ils s’en sortent mal, d’autres se chargent, à coups de claques et de pressions lombaires, de les ramener à la raison.

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La station debout en méditation sous les chutes d’eau en montagne – takigyô –, vêtu de blanc, symbole de pureté, est une autre pratique rituelle. Elle a pour but de fortifier l’esprit et le corps. Après avoir effectué un rituel pour éloigner les mauvais esprits de l’espace aquatique, on pénètre sous les lames d’eau où l’on reste pour le plaisir d’être là, sous elle, avec elle, en elle. On se laisse saisir, on offre son corps à la puissance de la nature, on la laisse déferler sur soi comme un bloc, comme un rocher. Si l’on est brave et résistant, on en sort ragaillardi, régénéré, prêt à affronter vents et marées. Aux dires d’un amateur de ce sport, l’immersion dans la nature permet de « faire un avec elle ». Si l’on peut voir là un fantasme de retour au sein maternel, de retour à la vie intra-utérine, n’est-ce pas aussi animé d’un fantasme de renaissance que l’on se livre à ses pratiques ?

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Si les sources et pratiques shinto permettent de souligner le rôle primordial de l’eau dans l’anéantissement rituel de la souillure, le bouddhisme n’est pas moins riche en influences sur la manière actuelle de se baigner au Japon. Selon le bouddhisme, le bain éloigne sept maladies et procure sept bienfaits. Les premiers grands monastères bouddhistes, suivant les modèles chinois et indiens, comprenaient toujours un large bain dans leur enceinte pour le lavage rituel des statues de Bouddha et les ablutions purificatoires des moines. Outre leur rôle sacré et quasi médical, les bains dans les temples contribuaient à la popularisation des nouvelles religions. Plus tard, par charité, on invita les gens du commun à y pénétrer. La pratique eut tant de succès qu’on construisit de plus grands bains dans les temples?[9][9] Celui de Todaiji, à Nara, est le plus grand et le plus..., puis hors des temples. À l’époque, par discrétion, on se drapait le bas du corps d’une étoffe.

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Si l’on en croit la première description des Japonais, L’histoire du Royaume de Wei, écrite en Chine au iiie siècle de notre ère, les Japonais associaient déjà ablutions et purification : « Quand quelqu’un meurt, ils préparent un cercueil […]. Quand les funérailles sont terminées, tous les membres de la famille entrent dans l’eau pour se laver dans un bain de purification. » Qu’en dit le Kojiki, recueil d’histoires anciennes du viiie siècle ? Il nous le confirme, le bain est aussi culturel. Amaterasu, la divine elle-même, serait née des ablutions oculaires d’Izanagi, le créateur mâle du Japon. Autrement dit, c’est quand il se rinçait l’œil – le gauche – qu’il donna le jour à la déesse solaire. « Voyeur » inspiré, il eut une brillante idée. On y vit plus clair sur terre. Malgré son aversion pour la symétrie, Izanagi, n’étant pas borgne, se lava aussi l’œil droit : la lune était née. Enfin, des ablutions pratiquées sur son nez surgit Susanô, « l’auguste mâle impétueux et brave ». Pourquoi Izanagi mit-il tant d’ardeur à se laver la face ? C’est qu’il revenait d’un voyage aux enfers où il était allé chercher sa belle, la déesse Izanami, morte en donnant le jour au dieu du feu. Il s’était fait un sang d’encre, en était bouleversé, complètement souillé, les traits tirés, le visage ravagé. Dans son état, seul un bain pouvait le débarrasser des miasmes de l’enfer et le revigorer. C’est ainsi, ou presque, que le mythe explique la vertu purificatrice du bain. Associées aux origines du Japon, l’importance et les significations du bain dans la vie quotidienne peuvent nous aider à approcher le Nihon no kokoro, le « cœur » du Japon, si l’on accepte l’idée qu’il en ait un.

Eaux troubles

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Si l’eau domestiquée du bain chez soi ou celle, apprivoisée, de la nature ont mille vertus bienfaisantes, il est des eaux où il vaut mieux ne pas se tremper ; il en est même qui sont franchement effrayantes. Dans l’île de Kyushu, les sources chaudes donnent un avant-goût réaliste de l’enfer – c’est le nom de la région. Vapeurs puantes, étangs bouillonnants couleur jaune moutarde ou rouge sang, grumeaux bruns, bouillasses glauques, vases épaisses gloutonnes, la terre est en ébullition, en digestion, en déglutition. Pour entrer en cet « enfer », le spectateur doit payer. Là, les yeux écarquillés, comme halluciné, il regarde l’analité terrestre s’exercer en toute liberté, agrémentée par endroits de crocodiles immobiles en position de méditation. Tout y est, les gaz, les odeurs et les détonations. Ça sort du ventre de la terre avec une aisance toute naturelle, nul besoin de refoulement ; là, elle se laisse aller sans façons, la pulsion.

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Fantasque, elle peut aussi prendre des allures animales extravagantes et se manifester sous forme de monstres des eaux, les kappa, bêtes cruelles à la peau gluante que l’on rencontre dans les contes populaires japonais (de Ceccaty et Nakamura). Le museau en forme de bec d’oiseau, les pieds palmés, ils ont la taille d’un enfant mais la force d’un bœuf. Ils sont coiffés d’une assiette remplie d’eau qui leur donne des pouvoirs surnaturels et « qui durcit progressivement avec l’âge ». Espiègles dangereux, extrêmement polis mais colériques, les kappa effrayent les enfants qui nagent dans les lacs ou les rivières. Ils volent les chevaux pour gober leurs entrailles, les noyer au fond des lacs et des étangs, entraînent les pêcheurs au fond de la mer avec leur bras munis de ventouses. Friands de concombres, de pêches et de viscères, ils aspirent celles de leurs victimes par l’anus afin de s’en nourrir. Les histoires de kappa ont inspiré notamment l’auteur de Rashomon, Akutagawa Ryûnosuke, qui leur consacre un remarquable conte philosophico-humoristique intitulé « Les kappa ». La violence potentielle des mères, évincée par l’idéal d’harmonie, prendrait-elle ainsi des formes archaïques pour s’exprimer dans les contes populaires ?

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Le bain quotidien au Japon, dans la sphère familiale ou dans des lieux publics, représente une réalité bien moins dangereuse. Les kappa sont renvoyés à la condition d’animaux de légende. La ritualisation qui entoure les pratiques du bain participe de la création d’un environnement sécurisant qui confirme les bienfaits d’une enveloppe maternelle, d’une appartenance à la famille et, au-delà, inscrit chacun dans un espace sacré établi par la tradition japonaise. Au sortir du bain japonais, le corps est propre, l’être est purifié, régénéré par l’immersion dans une eau commune qui médiatise bien-être et plaisir.


Bibliographie

  • Balint, M. 1991. Le défaut fondamental, Paris, Payot.
  • Barnlund, D.C. 1974. « The public self and the private self in Japan and the United States », dans Intercultural Encounters with Japan, Tokyo, Simul Press, Condon and Saito.
  • Caudill, W. ; Weinstein, H. 1969. « Maternal care and infant behavior in Japan and America », dans Japanese Culture and Behavior, Selected Readings, University of Hawaii Press, 1974.
  • Clark, S. 1995. Japan, a View from the Bath, University of Hawaii Press, Honolulu.
  • Coyaud, M. 1993. Poésies et contes du Japon, paf.
  • De Ceccaty, R. ; Nakamura, R. La princesse qui aimait les chenilles, Paris, Éd. Philippe Picquier.
  • Doi, Takeo. 1982. Le jeu de l’indulgence, Paris, L’Asiathèque.
  • Doi, Takeo. « The concept of amae and its psychoanalytic implications », International Review of Psychoanalysis, 16, 349-354.
  • Doi, Takeo. 2002. « Are psychological concepts of Japanese origin relevant ? », Communication au 12e Congrès mondial de psychiatrie.
  • Johnson, F. A. 1993. Dependency and Japanese Socialization, New York University Press, New York and London.
  • Levi-Alvares, C. 1995. « Une culture du même et les mécanismes de sa reproduction », Ebisu, n° 11, Études japonaises, Tokyo, Maison franco-japonaise.
  • Nouhet, J. « Regards », dans Sisyphe, Le Japon 1995, Tokyo, Maison franco-japonaise.
  • Ohnuki-Tierney, E. 1984. Illness and Culture in Contemporary Japan. An Anthropological View, Cambridge, Cambridge University Press, p. 34.

Notes

[*]

Joëlle Nouhet, 26 rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris.

[1]

Les Japonais ont l’habitude de se baigner dans de l’eau très chaude, qui peut même nous apparaître brûlante. Les étrangers ont souvent du mal à se plonger dans une telle chaleur, lorsqu’ils y réussissent.

[2]

Notons les connotations négatives des expressions françaises qui font référence au bain : « Être dans le même bain », « mettre dans le même bain », « jeter le bébé avec l’eau du bain »… On associe souvent bain et propreté, donc bain et saleté.

[3]

Cf. l’expression Mizu ni nagasu, s’en débarrasser dans l’eau, faire couler, laisser aller au gré du courant et, par extension, comme dans l’expression française « laisser couler », ne pas tenir compte de, ne pas faire attention à…

[4]

Littéralement, « la voie des dieux ou esprits », les croyances les plus anciennes du Japon fortement teintées d’animisme ; panthéisme qui voit dans tout objet ou phénomène naturel des forces divines.

[5]

Expression utilisée principalement par les hommes entre eux.

[6]

Époque d’Edo (1608-1868).

[7]

Cf. Akemi Nakamura, « Child abuse on rise, welfare facilities say », The Japan Times, 6 novembre 1994.

[8]

Cf. la façon d’écrire la date au Japon. Par exemple, 15e année de l’ère Heisei, 5e lune, 1er soleil (Heisei djugo nen, go gatsu, tsuitatchi : 1er mai 2003). Symbole qui établit une continuité de fait entre l’avant et l’après-guerre, le système des ères impériales instaure un temps national parallèle au temps international (il a été légalisé en 1979).

[9]

Celui de Todaiji, à Nara, est le plus grand et le plus ancien (xiie siècle) qui reste en état.

Résumé

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Mon, 12 Feb 2018 19:45:01 +0100
<![CDATA[ EN IMAGES. Voyage au Japon: 12 lieux à ne pas manquer ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-128156-en-images-voyage-au-japon-12-li.html   Par , publié le 02/05/2015

source https://www.lexpress.fr

 

 

Villes ultra modernes, temples sacrés et paysages exceptionnels, le Japon est un pays contrasté. Prévoyez d'y rester au moins quinze jours pour admirer le pays du Soleil-Levant.

De plus en plus populaire, le Japon est une destination qui séduit aussi bien les adeptes de nature que ceux qui veulent découvrir des villes parmi les plus animées de la planète. Tokyo s'impose donc comme une escale incontournable. Kyoto et ses temples et le torii de Miyajima figurent également sur votre liste des lieux immanquables. Ou allez à Hokkaido pour visiter les nombreux onsens et vous détendre.

 
 
 

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Wed, 24 Jan 2018 19:22:01 +0100
<![CDATA[ GEISHA & MAIKO ]]> http://ucjaikido.wifeo.com/article-127773-geisha-maiko.html  

source : click japan.org



La signification du terme « geisha »(??)
renvoie à une « personne exerçant les arts ». Leur origine remonte au  XVIIème siècle au moins. Leur fonction n’a d’autre objectif que celui de servir et divertir une clientèle aisée par la conversation, les arts et le jeu. Il est donc établi qu’une « Geisha » ne se livre pas à la prostitution. On estime au jour d'aujourd'hui le nombre de Geisha à moins de 15 000. Chaque grand parti politique entretient un certains nombres de Geisha.

 




Il est possible de trouver trace de l’existence de « Geisha » dès le XVème siècle. Elles sont alors considérées, comme aujourd’hui comme un exemple d’élégance et de bienséance. Avant elles leur avaient précédés les « taikomochi » (???), h?kan (??), ou « otoko-geisha ». Les « taikomochi », ou « otoko-geisha » étaient à l’origine (vers le XIIIème siècle) des hommes en charge de servir les Daimyô (seigneur) avant d’évoluer (plus tardivement) vers le « badinage » et la distraction du public. Le rôle qu’occupaient ces hommes échoit avec le temps aux femmes, c’est ainsi que vont naître les premières Geisha. Elles se nomment alors « onna-geisha ».
L’apprentissage.
Devenir « geisha » est un enseignement long et difficile. C’est aujourd’hui une démarche volontaire de la part de certaines jeunes filles de suivre l’enseignement conduisant au métier de « Geisha ». Historiquement, certaines familles modestes vendaient leurs enfants à des maisons de Geisha «okiya» (??). Ces maisons veillaient alors à l’éducation, au gîte et au couvert ces enfants. Une stricte éducation commençait alors sous la direction d’une « matrone » (Okaasan).
Shikomi
Au début de leur formation les jeunes filles sont astreintes à de lourdes taches ménagères. Les plus jeunes étant plus corvéables que les ainées. Elles sont au service des Geisha. Cette phase et supposée briser et former la futur apprentie Geisha. Cette étape, autrefois assez longue, existe encore aujourd’hui mais n’excède pas quelques mois.
Minarai
Après avoir fait montre de certains talents (notamment en dance) lors d’un examen de passage, les nominées deviennent des Minarai. Elles sont relevées de leurs tâches ménagères et suivent une instruction plus artistique. Les Minarai sont souvent rattachées à une maison de thé elles apprennent notamment la cérémonie du thé…
Maiko (??)
Au terme de la courte formation de Minarai, elles deviennent des Maiko (apprentie Geisha). Le terme de « Maiko » est propre à Kyôtô à Tokyô (anciennement Edo) on lui préfère le terme de « hangyoku » ou de « oshaku ».
Lors de cette période d’apprentissage la Maiko est assignée à une Geisha qui lui transmettra son savoir et ses connaissances. La relation ainée/apprentie (onee-san/imôto-san) est une facette importante de l’éduction de la Maiko. C’est de son ainée que la Maiko apprendra l’art de la conversation, perfectionnera sa dance, et sa façon de jouer du Shamisen du shakuhachi. C’est son ainée qui l’aidera sans doute à trouver son nom de Geisha et trouvant les Kanji appropriés au regard de son nom et ses qualités. L’apprentissage des Maiko est aujourd’hui largement plus court qu’au début du siècle.
Geisha
La Maiko ne devient « Geisha » (Geiko "??" à Kyôto) ou encore « ippon » qu’au terme d’un examen sanctionnant sa maîtrise d’un ensemble de matières artistiques (musique, danse…) et de la cérémonie du « mizu-age ». Cette cérémonie ne pouvait se tenir que si la Geisha en charge du suivi et de la formation de la Maiko, estimait son élève  devenue apte. En devenant Geisha les vêtements et la coiffure de la Maiko vont changer.
« Mizu-age » (???) signifie défloraison. Cette cérémonie est éminemment symbolique et marque le passage de l’état d’apprentie à celui de « Geisha ». Lors de cette cérémonie la virginité de l’apprentie geisha est mise à prix. Un « parrain » pouvait alors déboursée une importante somme d’argent afin d’acheté cette virginité. Dans les faits cet achat n’impliquait pas nécessairement  des relations sexuelles. Au cours de cette cérémonie le chignon porté par la Maiko est coupé. Il s’ensuit une fête en l’honneur de la nouvelle Geisha.
Tôkyô/ Kyôto deux écoles.
L’apprentissage des Geisha à la réputation d’être plus aisée à Tôkyô qu’à Kyôto. Encore aujourd’hui certain maison de Geisha (Okiya) dispensent le même enseignement traditionnel à ses pensionnaires qu’au début du siècle. La formation des Geisha de Tôkyô est plus courte que celle de Kyôto. Etonnement, les Geisha de Tôkyô ont la réputation d’être plus âgée que celle de Kyôto. De même les Geisha de Tôkyô passent pour être plus effrontées que celles de Kyôto, qui mettent en avant leur « modestie » et un caractère plus  réservé.
Les maisons de Geisha (okiya).
Les okiya (??) sont situés dans un quartier généralement nommé hanamachi (ville des fleurs - ??) ou kagai (à Kyôto). Les quartiers nommés hanamachi sont les quartiers de Gion (Gion Higashi et Gion Kobu), Kamishichiken (???), Miyagawach? (???), Pontoch? (???) et Shimabara (??) à Kyôto.
A Tôkyô les quartiers accueillant les okiya sont les quartiers de Akasaka (??), Asakusa (??), Kagurazaka (???), Mukôjima, Shinbashi (??),  Yoshich?.
A Osaka les okiya sont situés dans les quartiers Kita Shinchi, Minami Shinchi et Shinmachi (??).
Les Oyiya sont entièrement gérés par des femmes. A leur tête l’ « Okaasan » veille au respect de la discipline et au bien être de ses pensionnaires. Ces pensionnaires sont des femmes exclusivement célibataires. Si l’une d’entre elles désirent se marier, elle devra « démissionner » et quitter l’établissement. L’ensemble des taches à l’intérieur de l’Okiya sont attribuées en fonction de la position hiérarchique et l’ancienneté dans l’établissement.
L’entretient de la maison est financièrement assuré par une quote-part prélevé sur gages des « Geisha » en exercice. De même, les domestiques et les « Geisha » retirés de la vie active sont entretenus sur les gages des « Geisha » en exercice.
Les gages de la Geisha sont fonctions de ses qualités, donc de sa réputation, de son expérience et de la durée de sa prestation. Autrefois, la rémunération versée était fonction du nombre de bâtons d'encens consommés. Chaque bâton ayant, selon la Geisha, une équivalence monétaire plus ou moins importante.
Le maquillage.
Le maquillage de la Geisha va évoluer avec son expérience. Lors de son apprentissage la Maiko est lourdement fardé. Lors de son intronisation comme Geisha, le maquillage change pour devenir plus sobre. Ce changement n’est pas anodin, il marque la maturité acquise par l’ancienne apprentie et souligne sa beauté sans artifices.
L’apprentie Geisha (Maiko) à un maquillage assez distinctif. Le visage est maculé de blanc, la lèvre inférieure est pour partie empourprée, la lèvre supérieure laissée blanche et les sourcils rehaussés de noirs. Au début de leur apprentissage, certaines Maiko se noircissent les dents. Cette pratique se nommait « ohaguro » (???). Lors de son apprentissage la Maiko se fait aider de sa "grande sœur" (onee-san) une Geisha plus expérimenté lui servant de tuteur.
Les Geisha ne sont pas nécessairement fardées de blanc. Certaines danses ou événements impliquent néanmoins que la geisha soit nécessairement ainsi maquillée.
Les lèvres. Dans sa première année de formation la Maiko (apprentie geisha), pour partie, se colore de rouge la lèvre du bas. La lèvre du haut est ainsi laissée en blanc. Passé la première année de formation  la lèvre du haut vient aussi à être, en partie, rougie. Le maquillage des lèvre va encore évoluer lorsque la Maiko sera admise Geisha. C'est ainsi que, dans ses premières années,  seule la lèvre du haut de la Geisha est maquillée tandis que celle du bas reste blanche. La fraîcheur des premières années terminée la plupart des Geisha modifient le maquillage des lèvres. La lèvre du haut est alors souvent complètement empourprée tandis que la lèvre inférieure est surlignée au crayon, sans que le trait suive la courbure de la lèvre.
Le fond de teint de couleur blanc était à l’origine composé de plomb. Engendrant de graves problèmes de santé, celui-ci fut remplacé par un maquillage élaboré à base de poudre de riz. La poudre est alors mélangé à de l’eau jusqu’à former une pâte. Cette pâte est ensuite appliquée sur le visage préalablement enduit d’huile ou de cire. Afin de  lui donner un aspect plus  lisse et uniforme, on utilise une petite éponge.
 Le fond de teint recouvre le visage, le haut du torse, la nuque et le haut du dos. Seul un emplacement, situé au niveau de la nuque à la racine des cheveux, est laissé vierge de tout maquillage. Cette « espace » sans maquillage prend la forme d’un « V » ou plus souvent d’un « W ». Il est laissé ainsi pour accentuer la charge « érotique » de la Geisha.
Afin de protéger le Kimono, le fond de teint est appliqué avant que celui-ci soit revêtu.
Tenu vestimentaire.
Pratique de l'éventail par une geisha - Japon - Kanazawa.Maiko (apprentie Geigha) et Geisha portent le kimono. L’ensemble des règles vestimentaires applicables au kimono reste applicable aux Maiko et aux Geisha (pour en savoir plus cliquer ici). Le kimono des Maiko est particulièrement coloré. Le Obi servant de ceinture est toujours d’une couleur plus clair que le kimono. Le nœud maintenant l’obi en place est assez spectaculaire. Ce type de nœud se nomme « darari ».  La Maiko chausse un type de sandales en bois nommé « okobo » à l’extérieur et des tabi (chaussette au gros orteil séparé). Les lanière des "okobo" sont rouge pour les toutes jeunes Maiko et jaune pour les Maiko plus expérimentées.
Les Geisha arborent des kimonos aux dessins simples et aux couleurs plus sobres. L’obi, toujours plus clair que le kimono, est noué simplement sans extravagance. Dans certaines occasions il est possible que la geisha revête un kimono plus coloré et plus long nommé "Susohiki". Les Geisha portent, en fonction des conditions météorologiques, des « Zôri » ou des « Geta » pour l’extérieur et des tabi en intérieur.
Couleurs et dessins du kimono changeront régulièrement au rythme des saisons et des événements. Le col des kimonos change selon le niveau d’apprentissage de la Geisha. Le col du kimono de la Maiko est rouge et blanc rehaussé d’or et/ou d’argent celui des Geisha est entièrement blanc. Pour les cérémonie les plus importante, il est possible que l'"okiya" (maison de geisha) prête à ses pensionnaires geisha, un kimono frappé du blason "mon" (?) de la maison. Le blason est placé à 5 endroits (sur chaque manche, au devant de chaque épaule et au milieu du dos). Ces kimonos sont de type Kurotomesode (???). cela signifie qu'il sont noir uni, les seul motifs autorisés se trouvant sous ou au niveau des hanches.
Shimada, la coiffure des GeishaCoiffure.
Aujourd’hui les Geisha portent le plus souvent des perruques. En revanche les coiffures des Maiko sont élaborées à partir des leur propre cheveux. La maîtrise de ce type de coiffure est aujourd’hui un art moribond. Autrefois, afin de préserver la coiffure intacte, les Geiha étaient entraînées à dormir sur un repose nuque sans bouger.
La coiffure des Geisha à évolué selon les époques. Depuis le XVIIème siècle, les cheveux sont relevés pour former une sorte de chignon nommé "shimada" (voir photo ci-contre).
On distingue au moins 4 types de shimada : le « shimada » porté par les jeunes femmes célibataires, le « tsubushi shimada » moins haut, il est porté par les femmes plus âgées, le « uiwata » agrémenté de tissu, et un « shimada » ressemblant à une pêche qui et exclusivement porté par les Maiko.
Ces coiffures sont ornées de peigne et d’épingles à cheveux (Kanzashi - (?)) très élaborées dont les couleurs et les thèmes varient selon les saison, les mois et les occasions. Pour avoir un aperçu des Kanzashi, cliquez ici.
Ce que les Geisha ne sont pas.
Il est une (fausse) idée largement répandue selon laquelle les Geisha se livreraient à la prostitution. Les Geisha n’offrent pas ce type de service et encore moins contre une somme d’argent. Elles ne sont la que pour divertir leur clientèle par la musique, le chant, la poésie, la danse et des conversations légères. La clientèle se satisfait de ces moments et du plaisir de ce qu’elle ne peut avoir.
Les Geisha peuvent entretenir des relations plus intimes avec certains de leurs clients. Ces relations lui sont alors purement personnels, ne sont pas obligatoires, ne font pas partie de leur prestation et ne sont pas conditionnées au paiement d’une somme d’argent.
La confusion viendrait notamment de la pratique de certaines courtisanes nommées Oiran (??). Ce mot était originellement utilisé uniquement dans l'univers des Geisha pour viser les Geisha expérimentées. Le terme fut par la suite galvaudé pour finalement désigner des courtisanes «yûjo». Les Oiran était néanmoins des courtisanes particulières. Elles possédaient en effet un très haut niveau d'éducation et de culture.  De haut rang, ces courtisanes de luxe, à l'instar des Geisha, revêtaient le kimono. La seule chose permettant de distinguer visuellement Geisha et Oiran était le Obi (large bande de tissu formant un nœud et servant de ceinture). Alors que les Geisha portent classiquement le Obi sur l’arrière du kimono, les Oiran le portent sur l’avant.
Sous l’ère Edo, les Oiran pouvait pratiquer leur métier sous réserve de s’être préalablement enregistrées et d’avoir obtenu une autorisation. A contrario, durant cette même période, les Geisha ne pouvaient « normalement » par obtenir ce type d’autorisation et il leur était fait interdiction d’avoir quelconque relation intime.
Un autre facteur à sans doute contribué à la confusion des genres. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le Japon occupé par l’armée américaine voit se développer le phénomène des « Geesha girls ». Le terme « Geesha » vient de la déformation de la prononciation du terme « Geisha ». Les « Geesha » qui se livrent à la prostitution, s’habillent et se maquillent comme les « Geisha ». Ce mimétisme avait sans-doute un caractère exotique pour la soldatesque occupante.
La plupart des "Geisha" que les touristes aperçoivent dans les rues ne sont la plupart du temps que des femmes prenant l'apparence de Geisha pour notamment divertir certains touristes. Certains prestataires leur  offre même la possibilité de se farder et de s'habiller comme des Geisha.


source : click japan.org

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Tue, 09 Jan 2018 18:52:01 +0100